mercredi 7 janvier 2015

L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses

L'Injure
ou
Prophètes, dieux et déesses

Chanson française – L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses – Marco Valdo M.I. – 2013





« Noi, non siamo cristiani, siamo somari... » est une de nos devises et elle est particulièrement indiquée pour cette chanson où il est question des prophètes, des dieux et des déesses et de leurs aficionados. Tous d'une susceptibilité effrayante et prompts aux insultes et aux massacres.


Voilà bien un étrange sujet... et pourquoi donc te préoccupes-tu des dieux, des prophètes et des déesses, à présent ?, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents. J'imagine que tu es repris d'une crise d'aédisme... Cependant, je croyais la question réglée depuis la plus haute Antiquité par mon maître Épicure... Qui, s'il n'avait pas explicitement fait profession d'athéisme, avait tranquillement renvoyé les dieux à leurs oignons et aux joies de l'Olympe en les priant de foutre la paix aux humains. Les humains et les vivants, la terre et le réel d'un côté et les dieux de l’autre, dans le néant. Chacun chez soi et les vaches seraient mieux gardées et la pauvre Io à l'abri de ce vieux libidineux pervers et travesti.


Certes, certes, il me faut sans doute expliquer un peu le pourquoi du comment et quelle mouche m'a piqué., dit Marco Valdo M.I. Tout est venu de ce que le jeune Alber Saber, étudiant en philosophie du côté du Caire ou d’Alexandrie ou de quelque part en Égypte, a dû fuir son pays, car il était poursuivi par la justice pour le crime d'athéisme. Comme on avait déjà tenté de l'assassiner plusieurs fois, comme il avait déjà goûté aux prisons locales, il a préféré s'exiler quelques temps, si ce n'est pour la vie entière – ce que je lui conseillerais volontiers. Apprenant son aventure et lisant le même jour que le stercoraire, le fameux bouseux d'Aristophane, cet insecte qui pousse par devant lui une boule de merde, traversait l'univers comme nos plus vaillants capitaines en se guidant sur les positions de la Voie Lactée [http://www.cell.com/current-biology/retrieve/pii/S0960982212015072] et me souvenant que ce bouseux, bouffeur de merde était – pour les mêmes Égyptiens et depuis la plus haute Antiquité, le Dieu vivant sur la Terre, j'en ai fait cette chanson. Que je vais faire précéder de la lecture intégrale de ma traduction du petit article de l'Uaar (Union des Athées et Agnostiques rationalistes – italiens) qui raconte l'histoire d'Alber Saber. Voici donc la chose :
« 
Le blogger athée Alber Saber fuit l'Egypte

L'Égyptien Alber Saber, le jeune blogger athée condamné à trois ans pour blasphème et libéré sous caution en attente de la fin de son procès, a quitté son pays. En Egypte, après la révolution qui a mis fin au régime de Hosni Mubarak, on est remporté les élections les Frères Musulmans représentants du président Muhammed Morsi. Et une chape d'obscurantisme est ombée sur ceux qui étaient accusés d'offenser l'Islam.

La procédure judiciaire contre Saber, au tribunal pour avoir géré un groupe Facebook d'athées, n'est pas encore terminée. Le jeune homme a décidé de fuir l'Egypte en préférant l'exil ce 26 janvier, date de la dernière audience, pour sauvegarder lui-même et sa famille. Il l'explique dans une longue et passionnent interview
au Daily News Egypt. Il y raconte son expérience de vie, son activité pour la laïcité et les droits. Et où il esquisse le cadre politique égyptien, dans l'espoir qu'il puisse évoluer.

Malgré les menaces et les agressions subies même pendant le procès et en prison, Saber revendique le droit d'affronter et de critiquer la religion. « Je n'ai jamais renié mon athéisme », explique-t-il, « Ce sont mes opinions et elles se basent sur des études sérieuses de religion comparée », ajoute-t-il en rappelant qu'il est étudiant en philosophie. La police, au lieu de le protéger, l'a arrêté. Ses camarades de cellule ont été montés contre de lui et le soumettaient à des vexations : il leur avait été dit que Saber « avait insulté aussi bien le christianisme que l'Islam ». Tant qu'un d'entre eux lui a blessé le cou avec un rasoir.

Alber Saber raconte comment il est devenu athée, entre 2001 et 2005...
Bien avant la révolution, il rejoint les mouvements contre le gouvernement. Il fréquente l'université, où il révèle que les islamistes, le considérant « dangereux » pour ses vues critiques, le provoquent constamment et tentent de l'assassiner par trois fois.

Il expose donc ses vues laïques et démocratiques, en critiquant la pesante influence de la religion sur la politique et sur les lois. « J'estime que nous devrions avoir des mariages civils », explique-il. Pour arriver à la laïcité de l'État il faut selon Saber « accroître la conscience » : « nous devons expliquer ce que signifie vraiment le mot « laïcité » », « comment l'État soit une institution et ne puisse pas adopter une religion particulière. Nous avons besoin d'expliquer des choses comme la « dictature de la majorité » et que la démocratie signifie aussi protéger les droits des minorités ».

Il critique également la Constitution à peine approuvée pour sa position confessionnaliste. Il explique que dans l'article 44 on dit que des « prophètes et autres figures religieuses ne peuvent pas être insultés ».
« Les chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète : est-ce une insulte ?  », se demande-il, « Si un chrétien l'affirme, devrait -il être soumis à un jugement ?» 
« Les islamiques ne croient pas que Jésus soit Dieu : est ce une insulte aussi ? »

Saber est un activiste politique qui retient la laïcité indispensable pour une démocratie accomplie. Il militait entre autres dans le National Association for Change, formée de mouvements qui soutenaient Mohamed El Baradei à la présidence et s'opposait à l'autorité stricte du président Morsi. « Je ne crois pas dans un « État civil » » — un « euphémisme » employé par les laïques en Égypte pour ne pas irriter les intégristes islamiques — « un État non religieux s'appelle « État laïque » et c'est ainsi que nous devrions l'appeler », revendique-t-il.

Une histoire, celle du jeune Alber Saber, qui représente vraiment l'espoir pour un printemps arabe dont puisse émerger une nouvelle génération laïque. Avec des jeunes engagés qui s'activent pour la défense des droits civils et de la démocratie, contre l'intégrisme religieux qui prend pied. Une leçon que nous devrions apprendre même en Italie. Les vicissitudes d'Alber Saber, auquel va notre solidarité, doivent ensuite nous faire réfléchir sur les cas croissants de non-croyants persécutés dans le monde. Des cas, rappelés aussi par le Center for Inquiry, qui ne trouvent malheureusement pas d'espace sur nos moyens d'information.

La rédaction
(http://www.uaar.it/news/2013/01/29/blogger-ateo-alber-saber-lascia-legitto/)
Comme tu le verras par le jeu des poils, cette chanson se veut rattachée aux traditions de chansons d'étudiants – manière de saluer Alber Saber l'étudiant en philosophie persécuté et d'affirmer haut et fort une joyeuse impiété. Car Noi, non siamo cristiani...


Finalement, je trouve que tu as très bien fait de raconter cette double histoire et je pense quant à moi, qui je le rappelle à dessein, moi qui suis un âne – depuis la plus haute Antiquité et qui ai vu bien des massacres à Jérusalem, par exemple où ils se sont tous entretués avec véhémence, sur les bûchers d'Espagne et de Navarre, dans Paris-même un jour de Saint-Barthélémy, sans compter les persécutions contre les amis de Valdo et contre Valdo lui-même, sans compter tout se qui se fit et se fait au nom de Dieu ou de ses prophètes, simple maquillage de l'ambition de domination et de possession indue du monde, camouflage utilisé dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec une triste obstination contre les pauvres, je pense donc que nous qui en effet : « Non siamo cristiani, siamo somari » – nous devons reprendre notre tâche et tisser le suaire de ce vieux monde menteur, hypocrite, croyant car crédule et crédule car croyant, oppresseur, massacreur, d'une infinie stupidité et définitivement cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


On ne peut insulter les dieux ni les déesses
Poils aux tresses
Et moins encore les prophètes
Poils aux côtelettes
Les Chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète
Poils sur la tête
Est-ce une injure ?
Poils sous la ceinture
Les Islamistes ne croient pas que Jésus soit un Dieu
Poils aux yeux
Est-ce une injure ?
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice
Poils au pubis


Les Hindous qu'on le sache
Ont la plus grand dévotion pour la vache
Poils à la moustache
Les Mayas adoraient un oiseau- serpent
Poil aux dents
Les Incas se disaient fils du Soleil
Poils aux oreilles
Les Babyloniens avaient un dieu-poisson
Poils à l'hameçon
Et nul n'y voyait d'injure
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice
Poils au pubis


Les Égyptiens depuis la nuit des temps
Poils aux dents
Regroupés sur les bords du Nil
Poils au nombril
Croient que le coléoptère stercoraire
Poils au derrière
Poussant sa boule de merde séchée
En se fiant à la Voie Lactée
Poils aux péchés
Est le Dieu vivant, le grand Ra de lumière
Poils à la mentonnière
Et nul n'y voyait d'injure
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice

Poils au pubis

jeudi 28 août 2014

LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE 28 juillet 2014

LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE

28 juillet 2014

DERNIÈRES NOUVELLES DU CATHOLAND


LE VAINQUEUR : LE CONSEIL COMMUNAL DE VÉRONE



Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (28 juillet 2014) - http://asinonuovo.blogspot.com/2014/08/la-catholicade-de-la-semaine-28-juillet.html
Texte italien : http://www.uaar.it/news/2014/07/28/clericalata-della-settimana-30-comune-verona/

Précepte laïque :

Italiens, encore un effort pour devenir laïques !



Juste une petite note de terminologie pour expliquer le choix du mot « catholicade », comme traduction du mot italien de « clericalata ». À première vue, puisque le mot n'existe pas en langue française, il eût été plus judicieux de créer un néologisme à partir de la racine utilisée en italien, ce qui aurait donné : « cléricalade » et en effet, c'eût pu être très bien. Mais... c'eût aussi passer à côté de « la spécificité » italienne, à savoir que le pays et la population italienne sont depuis l'époque mussolinienne, dans un étrange mariage de l'Église et de l'État, mis sous l'empire catholique.
Dès lors, sauf à vouloir noyer le poisson et mettre sous le boisseau cette véritable captation, il nous est apparu que le mot « catholicade » rendrait mieux compte de la réalité de ces petits (et grands) faits.

Jusqu'à présent, le traducteur lisait avec le sourire ces catholicades recensées par les amis de l'UAAR, mais chemin de croix faisant, il s'est aperçu qu'elles décrivaient particulièrement bien une certaine ambiance, caractéristique des pays en proie à une « théocratite » et singulièrement, l'Italie, victime de la forme particulière de cette endémie qu'est la catholite. En fait, l'Italie souffre de « catholite aiguë ».

On publiera donc des catholicades au gré de nos disponibilités de temps. Mais revenons à la rubrique de l'UAAR.


Chaque semaine nous publions un petit dossier consacré à l'affirmation ou à l'acte le plus clérical de la semaine accompli par des représentants d'institutions ou de fonctions publiques. La rédaction est consciente que la tâche de trouver la catholicade qui mérite le prix est une entreprise ardue, vu le grand nombre de candidats, mais elle s'engage à fournir même dans ce cas un service à la hauteur des attentes de ses lecteurs. Au contraire, elle remercie en avance ceux qui signaleront d'éventuelles « perles ».





PREMIER PRIX DE LA SEMAINE :



LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE EST CELLE

DU CONSEIL COMMUNAL DE VÉRONE



qui a approuvé un ordre du jour dans lequel il demande de se mobiliser contre les projets d'éducation affective et sexuelle en désaccord avec la morale catholique, en défendant la seule famille formée d'un homme et une femme.
Dans son rapport approuvé, il fait référence à des sites intégristes catholiques.

Et pour féliciter ces alarmants de Vérone, et tout spécialement leur maire ( Flavio Tosi, le jeune premier très chrétien qu'illustre la photo), voici une petite chanson sur le mariage qui leur plaira beaucoup. Elle s'intitule On va se marier et on la trouve sur un site qui, quoique italien de naissance et de résidence se publie en plus de cent langues, un site qui assurément n'est pas exactement sur la longueur d'onde de Catholand et ne figure donc pas dans les références intégristes. Avec les compliments de Lucien l'âne.

Un maire en Catholand






Mentions spéciales :




LA COMMUNE DE MILAN QUI :

a décidé la répartition du 8% des gains de charges d'urbanisation secondaire aux bâtiments de culte. Le total se monte au-delà de 2,2 millions d'euros, dont 86% destinés à des églises catholiques et le solde – entre les diverses autres confessions chrétiennes. Trois ans après l'arrivée de Pisapia à la mairie de Milan, rien n'est est changé en ce qui concerne la contribution communale de religion.

Faut dire à la décharge des catholiques qu'ils ont de sacrés éléphants sur le dos... et des tas. Et comme on on sait, un éléphant, ça pèse énormément ; deux éléphants, ça pèse, ça pèse... À propos de pèze... On devrait peut-être leur proposer de revendre ces monumentaux édifices … Ils trouveraient certainement des amateurs... Ce serait un bonne affaire : ils se débarasseraient de ces vieilleries, récupéreraient des liquidités, ne seraient plus à charge de la collectivité et pour l'acquéreur, ce serait tout bénefice aussi : la revente par lots des vieilles portes, des vieux mobiliers et des pierres ; puis, ensuite, la vente du terrain lui-même, bien situé : un pactole. Une belle solution et applicable partout et pas seulement en Catholand.

Une cathédrale... Ça pèse...


 LE PREMIER MINISTRE RENZI QUI :
a annoncé en exclusivité au quotidien des évêques les stratégies gouvernementales en matière d'unions civiles, en rassurant les catholiques en leur assurant que la proposition Cirinnà ne sera pas soutenue par le gouvernement.
Union civile avec enfant


Lequel gouvernement s'empressera d'en inventer une lui-même...


LA COMMUNE D'ERICE ET L’UNIVERSITÉ DE PALERME QUI :
promeuvent Erice Journal, un projet interculturel et interreligieux qui cependant ne s'intéresse exclusivement qu'aux trois monothéismes.
En somme, il s'agit d'établir l'union sacrée contre les mécréants en tous genres. Pour eux, nous offrons un slogan : Monothéistes de tous les pays, unissez-vous !
"Le dialogue interreligieux doit faire qu'au nom du Dieu unique les trois religions ..."
Il y aurait donc trois religions en un seul Dieu...  Dès lors : "Montohéistes de tous les pays, unissez-vous !"


LE SÉNATEUR SERGIO DIVINA (LIGUE NORD) QUI :
en référence à l'incident qui a impliqué l'Institut du Sacré Cœur de Trente a pris la défense de cette école en parlant de « discrimination à l'envers ».
Dans le texte :
"Se al posto di quella insegnante ci fosse stata una madre, a quella signora sarebbe stato detto che il contratto è scaduto; e nessuno sarebbe intervenuto. C'è la sensazione che si stia instaurando una discriminazione al contrario" et la traductiopn :
« Si au lieu de cette enseignante, il y avait eu une mère, à celle-là il aurait été dit que le contrat a expiré ; et personne ne serait intervenu. On a la sensation qui s'instaure une discrimination au contraire ».
Comme toujours en Catholand et ailleurs, les autorités trouvent une solution. Ici, l'autorité était une bonne sœur (Ah ! Les bonnes sœurs !), à moins que ce ne fut une bonne mère (Ah ! Les bonnes mères!) , mais une de ces bonnes mères sans enfant, sans famille, qui se mêle de vouloir régenter les autres jusque dans leur lit... Ce que le sénateur oublie de préciser, c'est que l'explication du contrat qui s'interrompt... n'est venue qu'a posteriori, quand l'exclue s'est défendue et que le scandale a éclaté et que les vagues ont remué le pays et au-delà... En Catholand, les miracles et le bon droit sont toujours du même côté...

Bonne soeur, bonne mère à Trente...



LA COMMUNE DE VITERBO QUI :
après avoir institué le registre des unions civiles, cheval de bataille de la campagne électorale, ne fournit pas l'information aux couples qui entendent s'enregistrer.
En Catholand, c'est toujours pareil ; il y a les paroles et puis, dans le réel, plus rien. C'est une tradition ; c'est une stratégie. Le fameux : « Laissez venir à moi... »
Et il faut encore que ce soit nous qui fournissions l'information communale.


LA COMMUNE DE BARLETTA QUI :
a décrété que tout projet pour l'été barlettain ne peut être financé au-delà de 15.000 euros tandis que pour les fêtes religieuses estivales, par contre, 55.330 euros sont réservés au moins.
En effet, ce n'est là que la part visible de l'iceberg... Car outre les festivités estivales, il doit bien y avoir des festivités religieuses baptisées d'autres noms et sous d'autres auspices que l'été. Sans compter ce qui se déverse dans le tronc tout au long du reste de l'année... Ce n'est pas Catholand pour rien...

Barletta : la fête des cornus...
Comprend qui peut...


LA COMMUNE DE POZZALLO (RG) QUI :
a même inséré des messes parmi les événements de l'été.


Ce sont les touristes qui apprécient. Du Catholand et du vrai, et du spectacle pour pas un rond... Mais qui donc va payer tout ça ? Le contribuable, pardi !




lundi 11 août 2014

L'ÉCOLE ET L'ÉTAT




L'ÉCOLE ET L'ÉTAT



UAAR - RENZI ET L' ÉCOLE : ANNONCES PUBLIQUES ET VICES PRIVÉS

              (extr. de "La Page des Blogs" de "MicroMega") 9 juillet 2014

http://blog-micromega.blogautore.espresso.repubblica.it/2014/07/09/uaar-renzi-e-la-scuola-annunci-pubblici-e-vizi-privati/http://asinonuovo.blogspot.com/2014/08/lecole-et-letat.html


Un des amis d'Albi (Action laïque Belgo-italienne) a eu la bonne idée de traduire le blog-édito de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes, publié dans la revue Micro-Mega.
L'Asino nuovo relaie ces éditos laïques en provenance d'Italie, traduits par Pierre Steenhout.


Dans les premiers pas de l'âne ressuscité, il y avait une traduction du discours de Piero Calamandrei sur l'école publique et les dangers et la stupidité pour une nation, pour un État, de subventionner une école privée – qu'on l'appelle libre ou catholique, n'y change strictement rien.
L’enseignement et l'éducation est un fait de société, un instrument public pour former la base commune d'une collectivité, et dès lors, est une nécessité sociale, forcément indépendante des convictions privées. Il y a donc une absurdité – en tous cas – dans ce domaine à détourner les fonds publics vers des entités privées et pire encore, un tel détournement est une nuisance en termes de construction d'une société dont tous les membres ont les mêmes droits et devraient disposer de fondements communs – le reste venant en dehors dans la sphère privée.
En laissant se développer un enseignement privé et a fortiori en détournant les fonds publics – si nécessaires à l'enseignement commun – au profit d'un réseau privé non seulement, on provoque un immense gaspillage d'argent et d'énergie, mais en plus, on casse toute possibilité de créer un socle commun sur lequel fonder le consensus social minimal.
Les promoteurs d'un enseignement catholique prétendent qu'il y a une façon catholique de voir le monde et de l'enseigner... Un peu comme s'il y avait une « langue catholique » différente de la langue du reste de la société – ce fut d'ailleurs le cas du latin, mais la tentative a failli. Certes, on peut accepter cette hypothèse d'une manière catholique de penser, de dire et d'enseigner ; mais précisément, c'est bien là le problème... Qu'il y ait une vision catholique des choses, soit. Mais elle ne saurait prendre le pas la conception commune d'une société humaine qui – elle – n'est pas « a priori » catholique. Sauf à recréer une théocratie ou une « papocratie »... Ce qui est peut-être le but final de l'Église et qui certainement, l'a été.

On me dira et je le sais que l'Italie, alias Catholand, Catholie... n'est pas la seule dans le cas. Que d'autres pays en Europe et dans le monde... Fort bien, c'est même la raison pour laquelle l'âne porte tant d'attention à ce qui se passe là-bas en Italie. Pour le reste, Dieu reconnaît les siens... Nous aussi. Donc, mutatis mutandis, ce qui se dira ici de l'Italie sous domination catholique vaudra pour d'autres pays, États, nations, communautés... sous domination catholique ou sous la domination de quelque autre religion que ce soit. Là aussi, chacun se reconnaîtra.
Voici donc l'Asino dans la position de Montesquieu, lequel écrivit des Lettres Persanes afin de parler de la France - notamment.

Tout ça pour introduire et commenter l'éditorial de Raffaele Carcano, secrétaire de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes (UAAR) d'Italie, publié dans le blog UAAR sur l'excellente revue italienne Micro-Mega (avec un titre pareil, on ne saurait exclure un certain tempérament voltairien...)




UAAR - Renzi et l' école : annonces publiques et vices privés


Après Berlusconi, Alfano a lui aussi ouvert la voie à une loi qui reconnaît les unions civiles entre gays. Une confirmation que le climat a changé : être "clérical" n'est plus à la mode, cela ne se porte plus. Le changement porte, cependant, en soi, un effet collatéral non désiré : la privatisation du cléricalisme. On continue à cultiver le vice dans l'ombre, avec l'avantage - ce n'est pas récent - qu'il n'est plus avoué. On le cultive avec son confesseur.

J'ai envie de le penser, quand je lis certaines nouvelles de ces derniers jours. Grande importance donnée au projet de constructions scolaires, voulu par Renzi. Annonces ronflantes : on dépensera plus d'un milliard pour effectuer des travaux dans une école sur deux. Les travaux ont été, avec beaucoup d'imagination, répartis en trois catégories : "écoles neuves" - "écoles sûres" - "écoles belles". Tout cela est bien beau, en effet. Il semble qu'il y ait même une couverture financière.

Entre-temps, toutefois, le gouvernement a, étrangement, oublié (nonobstant des paroles rassurantes) la possibilité d'obtenir le "Huit pour Mille", qui est de la compétence de l'État. La date limite, pour les Municipalités, pour présenter les demandes, est le 30 septembre, mais le règlement n'est pas encore sorti, et aucune publicité n'a été faite au sujet de la possibilité d'en utiliser une partie pour les constructions scolaires, comme l' UAAR l'a demandé. Le temps des déclarations de revenus est passé, désormais, pour tout le monde : une occasion gâchée. C'est tout à l'avantage des choix en faveur de l’Église catholique, "rivale de l’État, avec laquelle l’État ne veut pas rivaliser.

De son côté, le 26 juin, le Ministère de l’Économie et des Finances a promulgué un décret par lequel il dispense, dans les faits, les écoles catholiques du payement de l' IMU (Impôt Municipal sur l'Immobilier) et de la TASI (Nouvelle Taxe sur les Services Municipaux). Ce n'est pas écrit explicitement, cela passerait mal. On a caché entre les "plis" du règlement, le fait que pour faire profiter de l'exemption, on a introduit un seuil de "frais de scolarité" par tête, à ne pas dépasser. Et qui ne sera pas dépassé :   à part celles pour les enfants de VIP qui apprécient qu'on leur fasse payer des frais monstrueux, une grande partie des autres écoles privées (pour deux tiers, des catholiques) se situent en dessous. Et le petit nombre qui ne s'y trouve pas les baisseront juste sous la barre. L'une ou l'autre les relèveront à peu près jusqu' à la barre. Le jeu en vaut la chandelle allumée pour saint Mathieu.

Un règlement non approuvé, oublié de tous, un nouveau règlement obscur caché à beaucoup. Ils ont honte de leurs vices privés, et ils font tout pour les dissimuler. La ministre de l' Instruction (qui, désormais, n'est plus "publique"), Stefania Giannini, ne se comporte pas différemment. Qui a adopté une variante : faire passer son propre vice pour une vertu différente. Le problème est qu'il est difficile, vraiment difficile, de confondre un ivrogne avec un sommelier. La ministre, abandonnée par les électeurs, erre, comme une âme en peine, dans les sept églises, ou plutôt dans les sept "mass media" catholiques (Radio Vaticana, Tv 2000, Tempi...), répétant que "l' école privée fait épargner, à l’État, six milliards, chaque année. Simple amplification de la vulgate catholique, qui ne tient pas debout et, même, a été déjà démentie par la "Fondation Agnelli".

Dans le livre "Sa Sainteté", Gianluigi Nuzzi a révélé les relations secrètes entre le gouvernement Berlusconi et les sommets de sa hiérarchie (celle de l'Église catholique, évidemment - ndr), pour ne pas faire payer l' ICI (Taxe sur les biens immeubles) à l’Église. Les gouvernements changent, les papes changent, même les taxes changent, mais la musique reste toujours la même : le Pantalon paie, la Soutane non. Les hiérarchies ecclésiastiques semblent disposées à tolérer n'importe quelle loi désagréable, mais elles ne veulent, en aucune façon, renoncer à délester de plusieurs milliards, chaque année, les caisses publiques épuisées. Pour les évêques, il ne reste que peu de valeurs non négociables : les valeurs mobilières.


Raffaele Carcano, secrétaire de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes

(9 juillet 2014)
N° 5

samedi 2 août 2014

UN TOURNANT LAÏQUE À PORTÉE DE MAIN


http://asinonuovo.blogspot.be/2014/08/un-tournant-laique-portee-de-main.html

Un des amis d'Albi (Action laïque Belgo-italienne) a eu la bonne idée de traduire le blog-édito de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes, publié dans la revue Micro-Mega.
L'Asino nuovo relaie ces éditos laïques en provenance d'Italie, traduits par Pierre Steenhout.


Que celui qui l'aurait dit lève la main. Berlusconi, le "macho" Berlusconi, l'homme qui, il y a quatre ans seulement, soutenait qu'il vaut mieux être amateur de belles filles que de gays", a déclaré que "la bataille pour les droits civils des homosexuels est une bataille qui, dans un Pays vraiment moderne et démocratique, devrait être un engagement de tous". Il s'est lui-même défini comme "libéral" (sic), et, en bon libéral, il estime, par conséquent, "que, à travers une confrontation large et approfondie, on peut atteindre un objectif raisonnable de justice et de civilité". Sa compagne, Francesca Pascale, s'est même inscrite à Arcigay, en même temps que Vittorio Feltri.

Alors qu'on avait entendu, à droite, une sonnerie de trompette, beaucoup, à gauche, ont répondu par des grimaces : "Je le fais seulement par convenance". C'est probablement vrai. Il n'empêche qu'un changement est intervenu. Même s'il était motivé seulement par les convenances, on devrait se demander pourquoi Berlusconi considère maintenant comme convenable d'adopter une attitude favorable aux unions civiles (ou, au minimum, à des droits plus importants) pour les gays et les lesbiennes.





Même Renzi, si nous regardons ses positions d'il y a quelques années, ne peut certainement pas être accusé de "laïcisme" : il était explicitement antieuthanasie et antiprocréation assistée, réfractaire aux droits en faveur des couples de fait... peu différent de Berlusconi. Lui aussi a demandé maintenant une accélération des unions civiles. L'a-t-il  fait, lui aussi, par convenance ? Probablement que oui. De la publicité seulement, sans faits concrets par la suite ? Peut-être que oui. Mais un fait concret laïque, qui a réuni  "Forza Italia", le "Pd" et beaucoup d' autres, est déjà établi : l'approbation, à la Chambre, de ce qu'on a appelé le "divorce bref". Seul le petit groupe centriste, hyperclérical, a voté contre.

La classe politique italienne semble, donc, s'être subitement rendu compte qu'une loi laïque est approuvée dans un Pays qui, sur le sujet, risque, désormais, d'être dépassé, même par Malte. Peut-être ont-ils finalement compris que la population demande un pays civil et moderne, et un pays ne peut l'être, s'il n' est pas, aussi, laïque. Peut-être les argumentations du monde laïque commencent-elles à avoir plus de prise sur les palais du pouvoir. Ou peut-être les évêques ne réussissent-ils plus à peser comme avant, aux beaux temps (pour eux) du "Family Day" : aujourd'hui, l'Église veut se donner une image débonnaire, qui est pratiquement incompatible avec les violentes batailles de contreréforme.

Quelles que soient les raisons, un changement d'attitude est incontestable. Il s'ensuit que celui qui est constamment engagé en faveur de la laïcité de l'État, doit savoir saisir l' occasion. C'est pour cela que l' UAAR a lancé une pétition"online" qui demande "Cinq lois laïques à promulguer immédiatement" ! Pas d' envolée "pindarique" irrationnelle : seulement cinq lois pour lesquelles il existe déjà, dans le parlement actuel, une majorité favorable. En plus des unions civiles, on demande la réduction des durées pour la séparation et pour le divorce, le testament biologique, des mécanismes qui garantissent la pleine application de la loi 194, et le remplacement de la réglementation fasciste sur "les cultes admis", par une loi sur la liberté de conscience.

Si on peut le faire, on doit le faire. Il y a une envie de liberté, dans le Pays. Il y a une envie de laïcité : c' est à nous d'insuffler l' énergie nécessaire pour le transformer. Un tournant laïque est vraiment à portée de main.


Raffaele Carcano, secrétaire de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes

(1 juillet 2014)
N° 4