vendredi 9 janvier 2015

Par le Grand Manitou

Par le Grand Manitou

Chanson de langue française – Par le Grand Manitou – Marco Valdo M.I. – 2015




Par le Grand Manitou,

Fanatiques de tous les pays, 

Calmez-vous !



Pourquoi ce Grand Manitou ?, demande Lucien l'âne en inclinant la tête du bon côté.


Oh, Lucien l'âne mon ami, car il y avait dans ma jeunesse, une ritournelle – d'où venait-elle ? - qui précisément disait : « Par le Grand Manitou ». Et ces ritournelles sont souvent un bon départ pour une parodie ; alors la tête s'emballe, la ritournelle tourne, tourne, peuple le moindre silence et l'oreille n'entend plus qu'elle.


Moi, je m'en souviens bien aussi et je peux même te dire que cette ritournelle n'était pas anonyme. C'était une chanson-scie du dénommé Jim Larriaga et chantée par le dénommé Carlos qui en fit un vrai tube. Comme disait Boris Vian, qui avait le premier usé de ce terme à cet usage. Vian précisait : un tube, c'est creux, c'est plein de vide. Pour en revenir à ta ritournelle, la chanson creuse s'intitulait : « Y a des Indiens partout ». C'était vers 1970.


Mais évidemment, Lucien l'âne mon ami, cette solennelle sonnerie, qui n'avait d'autre prétention que de se vendre aux radios, aux télés, aux entreprises de spectacle, en concert et sous forme de disque, ce parfait produit de l'industrie médiatique vaut le détour. Allons-y. Et je te la détourne aux fins de dire la rage qui me tient contre ce monde où le meurtre individuel ou collectif tient la vedette, où l'on assassine à qui mieux mieux : à la main, au pied, à l'oreiller, au couteau, à la hache, au poison, au fusil, à la mitraillette, au canon, à la bombe, à la fusée… et j'en passe. Et le pire, c'est qu'on ne peut même pas espérer qu'en tuant les tueurs, on réglera le problème. Ou alors, il faut les tuer tous, y compris nous-mêmes, dès lors.


Tu proposes un homicide collectif… Ce serait, en effet, une solution. Mais je te signale que statistiquement, chaque fois qu'on en tue beaucoup – disons pour les dernières grandes opérations : on en avait tué quelques dizaines de millions. La dernière grande, disons très grande, c'était dans les années 1940. Quarante ou cinquante millions de morts – on va pas chicaner. La population humaine globale à l'époque tournait autour du double milliard – deux milliards trois cent millions. Et à présent ? Aujourd'hui, on va doucement vers les neuf milliards. Alors, si on veut y mettre fin, les mettre hors jeu tous ensemble, il y aura du boulot… Et en plus, il faudra faire vite et tout, vraiment tout éradiquer. Sinon, ça repartira de plus belle. Mais évidemment, c'est impossible… En fait, c'était juste façon de montrer que ce n'est pas une solution praticable. Alors ?

Alors ? Alors, Lucien l'âne mon ami, il nous faut tous – y compris les cons et ce sera le plus difficile – tenter de faire enfin advenir l'homme. Oh, pas un surhomme, pas un homme parfait… Mais enfin, un homme, au sens générique, bien entendu. Un homme, une femme, peu importe son genre, peu importent ses goûts, mais un homme, une femme sans Dieu, sans prophète, sans religion… Bref, un être humain, tout simplement. Un homme, une femme enfin libre. Un homme, une femme qui diraient :

« On vit on mange et puis on meurt
Vous ne trouvez pas que c'est charmant
Et que ça suffit à notre bonheur
Et à tous nos emmerdements

Y en a marre ! » 
[[7794]]

Moi aussi, Y en a marre !, dit Lucien l'âne, comme tous les animaux, nous en avons tous marre de ces crétins assassins et des autres destructeurs de la planète… Que les humains s'entretuent, passe encore. C'est con !, mais passe encore ; ça les regarde. Mais leur connerie met le monde en danger et c'est aussi notre monde. Et là, ça nous regarde aussi, oui, à nous, les ânes ou n'importe lequel des êtres vivants de cette planète. Alors ? Et bien Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche, lente, lourde, pensante, répétitive, mais qui me semble indispensable et tissons le linceul pour nos amis – oui, aujourd'hui, certainement, mais aussi celui de ce vieux monde con, rongé par les mythes, les religions, les prophètes, les dieux, les Livres et autres cuistreries et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Par le Grand Manitou,
Fanatiques, calmez-vous !
S'il vous plaît de mourir,
Nous, on préfère rire.

Par le Grand Manitou,
Cette Terre est peuplée de fous.
Dans ce monde de cinglés,
On est tous enfermés.

Par le Grand Manitou,
On se tue tout partout.
On ne peut plus rigoler,
On va se faire flinguer.

Par le Grand Manitou,
Après tout, on s'en fout.
Ils peuvent bien tirailler,
On va pas s'incliner.

Par le Grand Manitou,
Ils sont vraiment beaucoup.
Démons déments dérangés
Il faudrait les soigner.

Par le Grand Manitou,
Fanatiques, calmez-vous !
S'il vous plaît de mourir,
Nous on préfère rire.

DÉLIVRE-NOUS SEIGNEUR

DÉLIVRE-NOUS SEIGNEUR

Chanson italienne – Libera nos Domine – Francesco Guccini – 1978
Version française – Délivre-nous Seigneur – Marco Valdo M.I. – 2008









Cette canzone de Guccini ressemble furieusement à un chant venu de l'enfer, de l'enfer terrestre, bien évidemment ! Y en aurait-il un autre ? Victor Klemperer, Allemand et Juif, qui avait échappé de justesse à la solution finale, disait dans LTI (Lingua Tertii Imperii – essai philologique sur la Langue du Troisième Reich), tout le bien qu'il pensait des fanatismes et des fanatiques. C'est cela même, débarrassez-nous des fanatiques serait un excellent résumé de cette chanson.
Marco Valdo M.I., de son côté, propose (depuis des années déjà) un petit slogan  qui pourrait lui aussi figurer la chanson de Guccini :


« Fanatiques de tous les pays, calmez-vous ! »



D'une mort sèche et noire, d'une mort pas naturelle
D'une mort prématurée, d'une mort industrielle
Par les mains de la police, d'un fou ou générale
Dioxine ou colorant, d'un accident de la route
des balles perdues de tous types et idéals
de tout cela ensemble et de tout autre infortune
Délivre, délivre, délivre
Délivre-nous, Seigneur !

De tous les imbéciles de toute race, de toute couleur
De ces foutus calotins et de leur odeur
Des jacobins fous et de leur ardeur
des visionnaires et des martyrs de la haine et de la terreur.
De celui qui t'envoie au paradis en disant « C'est par amour »
Des manichéens qui te hurlent « Ou avec nous ou traître »
Délivre, délivre, délivre
livre-nous, Seigneur !

Des pauvres d'esprit et des intolérants
Des faux intellectuels, des journalistes ignorants
Des héros, des navigateurs, des prophètes, des devins, des saints
Des sûrs d'eux, des présomptueux et des arrogants
De notre égoïsme malsain
Délivre, délivre, délivre
Délivre-nous, Seigneur !

De toi, de tes images et de ta peur
Des prêtres de tout credo, de toutes leurs impostures
Des enfers et des paradis, d'une vie future
Des utopies pour endormir cette mort certaine
Des croisés et des croisades, de toute écriture sainte
Des fidèles envahissants de tous types et de toutes natures
Délivre, délivre, délivre
Délivre-nous, Seigneur
Délivre, délivre, délivre
Délivre-nous, Seigneur !




mercredi 7 janvier 2015

Le Rire de Charlie

Le Rire de Charlie


Chanson de langue française – Le Rire de Charlie – Marco Valdo M.I. – 2015





Je pensais, Lucien l'âne mon ami, je pensais ne plus écrire de chansons… À quoi bon ? J'hibernais au creux de mon arbre. Et puis, d'un coup, un cri, un appel m'a réveillé… C'était Charlie, Charlie qui disait :
« Je suis Charlie.
Au secours, les cons nous cernent
Et ils tirent.
Je suis Charlie. »
En mon cœur, ce fut en un instant l'hiver et l'effroi. L'autodafé est revenu. J'ai senti le retour d'un vent pestilentiel qu'un temps on a cru pouvoir éteindre. Il y a maintenant d'autres tueurs en ville. Mais face à cela, il n'y a pas trente-six mille manières d'être. Ora e sempre : Resistenza ! Ô, Lucien l'âne mon ami, que l'humanité de l'homme est difficile à faire advenir…


Je l'entends bien ainsi, moi qui depuis des milliers d'années traîne mes sabots parmi mille sortes de gens, je le sais bien que rien n'est encore abouti. Je le sais bien que l'homme humain est encore à faire.


Donc, Charlie, tu le connais Charlie… a été attaqué et martyrisé par on ne sait quels sauvages imbéciles et moi qui, comme je te l'ai dit, n'avait plus trop le goût à la chanson, rapport à l'hibernation -, je me suis senti soudain repris par cette envie d'écrire, d'écrire pour ne pas laisser tomber Charlie dans le néant où on a voulu le jeter. Et, vois-tu Lucien l'âne mon ami, j'ai tout aussitôt compris que ni toi, ni moi, le cœur et l'âme, ne pourrons pas abandonner de sitôt la tâche qu'imprudemment, pensais-je, nous nous étions donnée. Voilà que comme le dessin, la caricature, nos textes se mettent à être de petits riens essentiels de la vie. Bref, nous ne pouvons pas laisser tomber, les mots, les mots – sous toutes leurs formes – finalement construisent l'humain dans l'homme. Face à la barbarie – et c'est vraiment de ça qu'il s'agit…


Oui, tu ne penses pas si bien dire… Les mots ont toujours été le rempart le plus efficace contre la barbarie. Et laisse-moi dire que je connais Charlie et que je ne sais ce qu'ils avaient en tête en tuant ces bonnes gens, mais ce que je sais, c'est que Charlie ou ce qu'il incarnait vivra demain, après demain et peu importe qu'on le brûle, qu'on le détruise, il resurgira. Il avait pris le relais d'un autre iconoclaste, qui lui-même prenait la succession… En remontant on y trouverait en vrac : Voltaire, Meslier et Valdo lui-même.


Dès lors, j'ai pris ma plume… Oui, ma plume, une plume à l'encre, un vieux cahier et j'ai jeté quelques mots… Justement, ce message de Charlie… Et puis, cette pensée de Desproges, dont on parlait l'autre jour… « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Oui, c'était le rire de Charlie, un rire homérique, le rire face à la connerie… Seulement voilà, les cons, c'est dans leur nature ou dans leur culture – comme on voudra, les cons ne rient pas, ils tirent. Comme disait Brel : « Chez ces gens-là, Monsieur, on ne pense pas, On ne pense pas, on tire ». Et puis, tu connais ça, la musique, la musique des mots est venue et sortant d'un lointain paysage, peut-être de la prison de Mons, là-bas au coin de ma rue, j'ai entendu Verlaine, Verlaine qui me soufflait de belles sonorités… tirées de ses romances sans paroles. Cette voix de l’autre siècle chantait :
« Ô triste, triste était mon âme... ». J'ai tout mis ensemble et voilà...


Bon, voyons cette chanson… Qu'elle soit bonne ou mauvaise… Mais sous de tels auspices, j'imagine qu'elle doit se comporter vaillamment. Cela dit, revenons à notre tâche et avec ta chanson, tissons le linceul de ce vieux monde plein de barbares, assassin, stupide, croyant, crédule, religieux et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Je suis Charlie.
Les cons nous cernent
Ils tirent.
Je suis Charlie.

On peut rire de tout
Il n'y a rien de meilleur pour la tête
On doit rire de tout
Surtout, surtout des prophètes.

Ô triste, triste est mon âme
À cause, à cause d'une bande infâme
Je ne peux m'en consoler
Mon cœur est à jamais blessé.

Je suis Charlie.
Les cons nous cernent,
Ils tirent.
Je suis Charlie.

On peut rire de tout.
Rire, c'est la fête et la vie à la fois.
On doit rire de tout :
Des dieux, des croyances et des fois.

Mon cœur et mon âme
Maintenant sont en flammes.
Jamais, jamais, je n'accepterai
Mon cœur et mon âme piétinés.

Je suis Charlie.
Les cons nous cernent,
Ils tirent.
Je suis Charlie.

On peut rire de tout,
Joie de l'homme et de l'existence.
On doit rire de tout :
Des religions et des croyances.

Mon cœur, mon cœur sensible
Dit à mon âme : est-il possible ?
Est-il possible – les crétins,
Qu'on tue le rire pour le rien ?

Je suis Charlie.
Les cons nous cernent,
Ils tirent.
Je suis Charlie.

On peut rire de tout;
Le rire rend heureux.
On doit rire de tout :
Ne par rire, c'est mourir un peu.

Mon âme dit à mon cœur :
Ces gens-là sont sans pudeur.
Jamais, je n'entends me soumettre
Ni à leur Dieu, ni à leurs Maîtres.

Je suis Charlie.
Les cons nous cernent,
Ils tirent.
Je suis Charlie.

L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses

L'Injure
ou
Prophètes, dieux et déesses

Chanson française – L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses – Marco Valdo M.I. – 2013





« Noi, non siamo cristiani, siamo somari... » est une de nos devises et elle est particulièrement indiquée pour cette chanson où il est question des prophètes, des dieux et des déesses et de leurs aficionados. Tous d'une susceptibilité effrayante et prompts aux insultes et aux massacres.


Voilà bien un étrange sujet... et pourquoi donc te préoccupes-tu des dieux, des prophètes et des déesses, à présent ?, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents. J'imagine que tu es repris d'une crise d'aédisme... Cependant, je croyais la question réglée depuis la plus haute Antiquité par mon maître Épicure... Qui, s'il n'avait pas explicitement fait profession d'athéisme, avait tranquillement renvoyé les dieux à leurs oignons et aux joies de l'Olympe en les priant de foutre la paix aux humains. Les humains et les vivants, la terre et le réel d'un côté et les dieux de l’autre, dans le néant. Chacun chez soi et les vaches seraient mieux gardées et la pauvre Io à l'abri de ce vieux libidineux pervers et travesti.


Certes, certes, il me faut sans doute expliquer un peu le pourquoi du comment et quelle mouche m'a piqué., dit Marco Valdo M.I. Tout est venu de ce que le jeune Alber Saber, étudiant en philosophie du côté du Caire ou d’Alexandrie ou de quelque part en Égypte, a dû fuir son pays, car il était poursuivi par la justice pour le crime d'athéisme. Comme on avait déjà tenté de l'assassiner plusieurs fois, comme il avait déjà goûté aux prisons locales, il a préféré s'exiler quelques temps, si ce n'est pour la vie entière – ce que je lui conseillerais volontiers. Apprenant son aventure et lisant le même jour que le stercoraire, le fameux bouseux d'Aristophane, cet insecte qui pousse par devant lui une boule de merde, traversait l'univers comme nos plus vaillants capitaines en se guidant sur les positions de la Voie Lactée [http://www.cell.com/current-biology/retrieve/pii/S0960982212015072] et me souvenant que ce bouseux, bouffeur de merde était – pour les mêmes Égyptiens et depuis la plus haute Antiquité, le Dieu vivant sur la Terre, j'en ai fait cette chanson. Que je vais faire précéder de la lecture intégrale de ma traduction du petit article de l'Uaar (Union des Athées et Agnostiques rationalistes – italiens) qui raconte l'histoire d'Alber Saber. Voici donc la chose :
« 
Le blogger athée Alber Saber fuit l'Egypte

L'Égyptien Alber Saber, le jeune blogger athée condamné à trois ans pour blasphème et libéré sous caution en attente de la fin de son procès, a quitté son pays. En Egypte, après la révolution qui a mis fin au régime de Hosni Mubarak, on est remporté les élections les Frères Musulmans représentants du président Muhammed Morsi. Et une chape d'obscurantisme est ombée sur ceux qui étaient accusés d'offenser l'Islam.

La procédure judiciaire contre Saber, au tribunal pour avoir géré un groupe Facebook d'athées, n'est pas encore terminée. Le jeune homme a décidé de fuir l'Egypte en préférant l'exil ce 26 janvier, date de la dernière audience, pour sauvegarder lui-même et sa famille. Il l'explique dans une longue et passionnent interview
au Daily News Egypt. Il y raconte son expérience de vie, son activité pour la laïcité et les droits. Et où il esquisse le cadre politique égyptien, dans l'espoir qu'il puisse évoluer.

Malgré les menaces et les agressions subies même pendant le procès et en prison, Saber revendique le droit d'affronter et de critiquer la religion. « Je n'ai jamais renié mon athéisme », explique-t-il, « Ce sont mes opinions et elles se basent sur des études sérieuses de religion comparée », ajoute-t-il en rappelant qu'il est étudiant en philosophie. La police, au lieu de le protéger, l'a arrêté. Ses camarades de cellule ont été montés contre de lui et le soumettaient à des vexations : il leur avait été dit que Saber « avait insulté aussi bien le christianisme que l'Islam ». Tant qu'un d'entre eux lui a blessé le cou avec un rasoir.

Alber Saber raconte comment il est devenu athée, entre 2001 et 2005...
Bien avant la révolution, il rejoint les mouvements contre le gouvernement. Il fréquente l'université, où il révèle que les islamistes, le considérant « dangereux » pour ses vues critiques, le provoquent constamment et tentent de l'assassiner par trois fois.

Il expose donc ses vues laïques et démocratiques, en critiquant la pesante influence de la religion sur la politique et sur les lois. « J'estime que nous devrions avoir des mariages civils », explique-il. Pour arriver à la laïcité de l'État il faut selon Saber « accroître la conscience » : « nous devons expliquer ce que signifie vraiment le mot « laïcité » », « comment l'État soit une institution et ne puisse pas adopter une religion particulière. Nous avons besoin d'expliquer des choses comme la « dictature de la majorité » et que la démocratie signifie aussi protéger les droits des minorités ».

Il critique également la Constitution à peine approuvée pour sa position confessionnaliste. Il explique que dans l'article 44 on dit que des « prophètes et autres figures religieuses ne peuvent pas être insultés ».
« Les chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète : est-ce une insulte ?  », se demande-il, « Si un chrétien l'affirme, devrait -il être soumis à un jugement ?» 
« Les islamiques ne croient pas que Jésus soit Dieu : est ce une insulte aussi ? »

Saber est un activiste politique qui retient la laïcité indispensable pour une démocratie accomplie. Il militait entre autres dans le National Association for Change, formée de mouvements qui soutenaient Mohamed El Baradei à la présidence et s'opposait à l'autorité stricte du président Morsi. « Je ne crois pas dans un « État civil » » — un « euphémisme » employé par les laïques en Égypte pour ne pas irriter les intégristes islamiques — « un État non religieux s'appelle « État laïque » et c'est ainsi que nous devrions l'appeler », revendique-t-il.

Une histoire, celle du jeune Alber Saber, qui représente vraiment l'espoir pour un printemps arabe dont puisse émerger une nouvelle génération laïque. Avec des jeunes engagés qui s'activent pour la défense des droits civils et de la démocratie, contre l'intégrisme religieux qui prend pied. Une leçon que nous devrions apprendre même en Italie. Les vicissitudes d'Alber Saber, auquel va notre solidarité, doivent ensuite nous faire réfléchir sur les cas croissants de non-croyants persécutés dans le monde. Des cas, rappelés aussi par le Center for Inquiry, qui ne trouvent malheureusement pas d'espace sur nos moyens d'information.

La rédaction
(http://www.uaar.it/news/2013/01/29/blogger-ateo-alber-saber-lascia-legitto/)
Comme tu le verras par le jeu des poils, cette chanson se veut rattachée aux traditions de chansons d'étudiants – manière de saluer Alber Saber l'étudiant en philosophie persécuté et d'affirmer haut et fort une joyeuse impiété. Car Noi, non siamo cristiani...


Finalement, je trouve que tu as très bien fait de raconter cette double histoire et je pense quant à moi, qui je le rappelle à dessein, moi qui suis un âne – depuis la plus haute Antiquité et qui ai vu bien des massacres à Jérusalem, par exemple où ils se sont tous entretués avec véhémence, sur les bûchers d'Espagne et de Navarre, dans Paris-même un jour de Saint-Barthélémy, sans compter les persécutions contre les amis de Valdo et contre Valdo lui-même, sans compter tout se qui se fit et se fait au nom de Dieu ou de ses prophètes, simple maquillage de l'ambition de domination et de possession indue du monde, camouflage utilisé dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec une triste obstination contre les pauvres, je pense donc que nous qui en effet : « Non siamo cristiani, siamo somari » – nous devons reprendre notre tâche et tisser le suaire de ce vieux monde menteur, hypocrite, croyant car crédule et crédule car croyant, oppresseur, massacreur, d'une infinie stupidité et définitivement cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


On ne peut insulter les dieux ni les déesses
Poils aux tresses
Et moins encore les prophètes
Poils aux côtelettes
Les Chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète
Poils sur la tête
Est-ce une injure ?
Poils sous la ceinture
Les Islamistes ne croient pas que Jésus soit un Dieu
Poils aux yeux
Est-ce une injure ?
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice
Poils au pubis


Les Hindous qu'on le sache
Ont la plus grand dévotion pour la vache
Poils à la moustache
Les Mayas adoraient un oiseau- serpent
Poil aux dents
Les Incas se disaient fils du Soleil
Poils aux oreilles
Les Babyloniens avaient un dieu-poisson
Poils à l'hameçon
Et nul n'y voyait d'injure
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice
Poils au pubis


Les Égyptiens depuis la nuit des temps
Poils aux dents
Regroupés sur les bords du Nil
Poils au nombril
Croient que le coléoptère stercoraire
Poils au derrière
Poussant sa boule de merde séchée
En se fiant à la Voie Lactée
Poils aux péchés
Est le Dieu vivant, le grand Ra de lumière
Poils à la mentonnière
Et nul n'y voyait d'injure
Poils sous la ceinture
Ma noi, non siamo cristiani,
Siamo somari
Et nous qui ne sommes pas chrétiens
Nous sommes des humains
Poils dans la main
Humains, nous ne croyons
Poils aux ischions
Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils
N'y voyez pas malice

Poils au pubis