mercredi 17 juin 2015

ET POURTANT ELLE TOURNE

ET POURTANT ELLE TOURNE




Version française – ET POURTANT ELLE TOURNE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Eppur si muove – Carmen Consoli – 2002




Coupable d'avoir osé
Ce coup de dent à cette pomme
Sacrée 




Regarde, Lucien l'âne mon ami, une chanson de libération, une chanson écrite par une femme, Carmen Consoli, une chanson qui agit comme un philtre libératoire…


Un philtre libératoire, une sorte de purgation, veux-tu dire ? Mais de quoi ?


Mais bien évidemment de cette écrasante atmosphère, de cet étouffant environnement que l'on ressent en Italie où l'Église se répand partout, où s'inhalent des senteurs de catholicité, où s'exhalent par tous les pores du pays des relents de cléricalisme. Et que la chanson soit écrite et interprétée par une Sicilienne est encore plus remarquable. Et de surcroît, ce n'est pas une chanson ancienne… Ce qui montre bien que la chape de plomb divin pèse toujours là-bas presqu'autant que le soleil d'été à midi. Au cœur du dispositif oppressant dont parle la canzone, on trouve l'histoire du péché originel, lequel est une pure invention d'on ne sait quel religieux sadique, qu'on inculque aux humains dès leur plus petite enfance.


En somme, on les marque au fer d'une culpabilité dont ils ne sont en rien coupables. Et après, bonne chance pour s'en débarrasser d'autant plus qu'il y a de multiples piqûres de rappel, que de catéchisme en prêches, on rebat sans cesse le clou du péché. Donc, au départ, un lavage de cerveau et ensuite, sans cesse, la menace d'un châtiment éternel… en insistant bien sur la faute primordiale.


C'est bien de cela que parle la chanson et ce dont elle entend libérer les gens. Le grand Galilée lui-même eut le plus grand mal à affronter cette engeance et ne s'en tira que par une feinte soumission. Comme durent le faire des millions d'autres ; comme des millions d'autres doivent le faire encore aujourd'hui. Silence, elle tourne ! Et la chanson est libératoire car elle dit cette chose simple : il suffit de se débarrasser de ce sentiment de culpabilité et l'on peut enfin vivre… Se débarrasser de l'Église, de Dieu et du péché est le premier pas vers la liberté humaine.


Enfin, je me réjouis grandement d’être un âne, car nous les animaux, nous ne subissons pas cette vindicte divine, même si bien évidemment, elle est purement imaginaire et qu'il suffit de ne plus y croire pour y échapper. Mais j'y pense, c'est le moment de ressortir notre antienne : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari » (Nous, nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme ») et j'ajoute : et heureux de l'être.


Je me rallie entièrement à ce « et heureux de l'être ». Car, je le suis aussi.


Alors, saluons la chanteuse et sa chanson et reprenons notre tâche sempiternelle et tissons le linceul de ce monde rongé par ses sentiments de culpabilité, étouffé par les croyances, écrasé par les religions et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Coupable d'avoir osé
Ce coup de dent à cette pomme
Sacrée et pour avoir contesté
Leur théorie géocentrique.

Et pourtant elle tourne,
Malgré l'inertie imposée,
Leur envahissant obscurantisme,
Et leur répression despotique.
Au fond, il ne reste qu'à effacer
Mes sentiments de culpabilité.
Un grand merci, sans façon,
Une poignée de main, évidemment,
Un au revoir, des félicitations,
Et mes plus respectueux sentiments.

Coupable d'une pensée
Impure jamais confessée,
Pour avoir mis en doute
Les anges et les croisades.

Je me souviens de cette enfant,
Affectée de troubles mentaux graves,
Jugée diabolique cependant
Pour avoir mâché l'hostie.

Au fond, il ne reste qu'à effacer
Mes sentiments de culpabilité.
Un grand merci, sans façon,
Une poignée de main, évidemment,
Un au revoir, des félicitations,
Et mes plus respectueux sentiments. 

mardi 16 juin 2015

TU L'APPELLES DIEU

TU L'APPELLES DIEU


Version française – TU L'APPELLES DIEU – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Tu lo chiami Dio – Bisca 99 Posse – 1995







Seulement, j'ai vu mourir trop de gens 
Au nom du saint-esprit, du fils et du père.


De fait, l'ami Lucien l'âne, il s'agit bien de ça dans cette chanson, mais il y a autre chose qui me paraît plus radical, plus profond aussi et surtout, plus original. D'abord, il y a là deux interlocuteurs et deux Dieux, chacun le sien. Un des interlocuteurs s'en tient au Dieu officiel, celui reconnu par l'Église, estampillé, en quelque sorte, « Made in Vatican » et l'autre interlocuteur, celui qui parle dans la canzone, entretient d'excellentes relations avec son Dieu personnel ; il l'appelle : « Mon Dieu à moi ». Et ainsi avance la canzone, en alternant « Ton Dieu » et « Mon Dieu à moi ».


Là, je ne suis pas bien. Il y aurait donc deux sortes de Dieux ?


Exactement et ils sont très différents ces deux Dieux. L'officiel, c'est un Dieu imposé, évanescent et théorique ; il niche dans le ciel ; c'est un Dieu imposant, une marionnette gigantesque aux mains de l'Église, une sorte d'épouvantail dont elle use pour apeurer les gens, pour justifier les massacres et les croisades, pour assurer sa domination sur l'humaine nation. En somme, c'est le Dieu de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches font aux pauvres pour accroître leurs richesses, renforcer leurs privilèges, perpétuer l'exploitation… En plus, il est inaccessible, planqué là-haut dans son ciel de pacotille.


Celui-là, je le connais, c'est un ectoplasme et puis, il a déjà fait tant de dégâts, tant de malheur, c'est un Dieu destructeur, c'est un grand dictateur ; il a déjà tellement servi qu'il est usé de tous les côtés ; il s'effrite. Mais l'autre dont parle la canzone, quel est-il ? Que fait-il ?


L'autre est un Dieu personnel, concret, vivant et un agréable compagnon de vie, qui se tient dans la panse humaine et se laisse caresser. Je te cite la canzone :

« Mon Dieu à moi ne vit pas au ciel, il ne sait pas voler.
Quand j'ai besoin de lui, il ne me faut pas prier.
Il ne divise pas les eaux, il ne multiplie pas les pains.
Mon Dieu à moi, c'est ma panse et je la caresse avec mes mains. »

En somme, il veille au bien-être quotidien de la personne. Être à soi-même son propre Dieu, voilà qui plaît à l'âne. Un Dieu qui ne pousse ni à l'intolérance, ni à l'inquisition, ni à la croisade, ni à rien, ni à se soumettre à une foi, à une église, à une religion, car pour lui se soumettre, ce serait cesser d'exister.


Voilà un Dieu comme je les aime, dit Lucien l'âne en brayant de satisfaction, car pour l'âne, ce Dieu sera à l'image de l'âne, pour la femme, à l'image de la femme, pour l'hirondelle, il lui poussera des ailes… Un tel Dieu est bien utile, ce n'est plus un seulement Dieu du ciel, c'est un alter-ego réel et allant ainsi à deux, à condition de bien s'aimer soi-même et donc l'aimer aussi, on ne s'ennuie pas dans la vie.


De fait, avec un tel Dieu, on n'est jamais seul et il vous suit partout ; un ami fidèle et discret qui mourra de votre mort. Dès lors, vu ainsi, un Dieu est acceptable et regarde bien où la logique conduit : un tel Dieu ne peut être qu'athée, condition sine qua non de sa propre existence au sein de son empire ventral. Je me demande même si ce Dieu intestinal ne se résoudrait pas finalement dans une ultime bactérie… ou dans l'interaction confuse et entropique de ces milliards d'êtres grouillant dans la panse.


Restons-en là, dit Lucien l'âne et reprenons notre tâche ; tissons le linceul de ce vieux monde croyant, dominateur, dogmatique, religieux et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Tu l'appelles Dieu mais moi, je ne le connais pas
Je le trouve un peu louche et de mes amis, il n'est pas
Dieu doit être important car en lui est concentré
Le sens sacré de l'empire créé

Dieu doit être important mais attention attention,
Je ne discuterai pas de Dieu avec celui qui prône une religion.
Tu l'appelles Dieu, mais moi, je ne le connais pas
Il vit au ciel ton Dieu et nous sommes ici-bas.

Ses contradictions, mon Dieu à moi ne les justifie pas
Il ne renvoie pas à demain, il s'engage et se bat,
Il ne doit pas incarner mes aspirations ;
Il mange avec moi, nous avançons à tâtons.

Seulement, j'ai vu mourir trop de gens
Au nom du saint-esprit, du fils et du père.
Mille générations tourmentées par le doute,
Torturées avec calcul, c'est dément, c'est dément.

J'ai vu des femmes en des combats inhumains,
Violées dans leur intimité et traitées de putains.
Mille générations plongées dans le doute et les tourments,
Torturées avec calcul, c'est dément, c'est dément

J'ai vu des vies détruites dans le sourire d'un prêtre
Qui parlait de foi, calme et rassurant.
Mille générations, c'est dément, c'est dément
Et lui sourit calme dans son cloître

Tu l'appelles Dieu mais moi, je ne le connais pas.
Ma spiritualité ne s'exprime pas au travers du culte ; 
Mon Dieu à moi ne vit pas au ciel, il ne sait pas voler. 
Quand j'ai besoin de luiil ne me faut pas prier.
Il ne divise pas les eaux, il ne multiplie pas les pains.
Mon Dieu à moi, c'est ma panse et je la caresse avec mes mains.

MAIS À STALINGRAD : NON !


MAIS À STALINGRAD : NON !


Version française – MAIS À STALINGRAD : NON ! A – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Ma a Stalingrado no ! – Yo Yo Mundi – 2005

Tu es le berger des âmes...


15 janvier 1945 : 13 partisans de la Brigade Tom de Casale Monferrato sont assassinés. 15 janvier 2005, à soixante ans de distance, « Yo Yo Mundi » sur la loge du théâtre du XVIIIe siècle de Casale donnent vie, avec d'autres musiciens et des voix de Fabrizio Pagella et de Giuseppe Cederna, en un récital-concert, justement à cette histoire,
13 partisans, 13 musiciens sur la 
scène, étranges coïncidences !
« Résistance », un double cd, précieux témoignage audio et 
vidéo de comment pour « Yo yo mundi » la musique toujours été et doit continuer à être : un véhicule de culture, de mémoires, de souvenirs, d'histoires et de poésie.

« Merci, maintenant et toujours, à tous les hommes et les femmes qui ont vécu ces années de lutte et d'espoir et qui ont lutté – au prix de leur vie – pour libérer l'Italie du fascisme et des nazis. Merci à tous ceux qui continuent à lutter pour les mêmes idéaux contre les nouveaux fascismes ». Ainsi lit-on dans les premières pages du petit livret très soigné, pendant que du lecteur cd commencent à se répandre les premières notes du concert, qui s'ouvre sur un fragment de la poésie « Partigia » de Primo Levi.
L'une après l'autre, les plages du cd se laissent écouter sans nul besoin de commentaires, parce que chaque mot pourrait sembler inutilement et irrémédiablement déplacé.

La musique de Yo Yo Mundi voyage en équilibre instable entre la chanson d'auteur et les ambiances liées à la musique populaire et acoustique faite d'accordéons, guitares, violons et percussions. Parmi les morceaux plus beaux du cd, on remarquera « Eurialo et Niso » ballade écrite par Massimo Bubola, « Brigade Partisane Alphaville », et « Le dernier témoin ». À signaler en outre « Mais à Stalingrad non ! » fragment, inséré dans le concert, tiré d'un vieux vinyle des « Lettres de Stalingrad » avec la voix d'Arnoldo Foà, et enfin une nouvelle version, presque rock de « Bella ciao ».


Lettre de Stalingrad


Tu es le berger des âmes, père, et dans l'ultime lettre, on dit seulement la vérité, ou bien ce qu'on considère vrai.

J'ai cherché Dieu dans chaque trou, dans chaque maison détruite, dans chaque coin, dans chaque camarade, quand j'étais dans la tranchée, et dans le ciel.

Dieu ne s'est pas montré, quand mon coeur criait après lui.

Les maisons étaient détruites, les camarades étaient trop héroïques ou aussi lâches que moi; sur la terre, ce n'était que faim et homicide et du ciel tombaient les bombes et le feu.

Seul Dieu n'y était pas. Non, père, il n'y a aucun Dieu.

Je l'écris à nouveau, et je sais que c'est une chose terrible et pour moi irréparable. Et si vraiment il doit y avoir un Dieu, c'est seulement chez vous, dans vos livres de psaumes et dans vos prières, dans les pieux mots des prêtres et des bergers, dans le son des cloches et dans le parfum de l'encens.

Mais à Stalingrad, non !


ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU

ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU



Version française – ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne - Qui Dio non c’è - Claudio Baglioni – 1990


Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu




Brumeuses fourmilières de maisons
Puanteur brûlée en ville
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Boue de rues furonculeuses
Christs et Maries sans piété
Âmes baveuses dispersées
Humanité saoule des bars
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Nuit de bras piqués
Rues de crack désespéré
Pages de livre
Une douloureuse mécanique à tourner
Sans avoir tout pigé
Sans rien se rappeler
Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu

Viados aux voix fausses
Lumières menteuses de réclame
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Visages pluvieux des murales
Raclement de lame sous le tram

J'ai vécu des jours opaques
Comme les poivrots emploient
Pour se tenir les réverbères
Pas pour leur lumière.
Fin des retransmissions
Et j'allais au lit
Avec un linge humide sur la poitrine
De tristesse en moi

Ainsi va le monde
On ne le fait pas le monde
C'est lui qui nous fait, le monde
Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Et je voulais seulement un signe
Mais le ciel est comme un vieux fou
Avec un assistant serpent
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Payer le prix continuellement
Se sentir toujours un hôte
À voler le feu
On s'y brûle les vies
Mais un peu d'air pour vivre
On respire même des blessures
Doucement j'entrais dans la pièce
Au grain à sécher
Et je roulais dedans
La tête en bas
Ainsi va le monde
On ne le fait pas ce monde
C'est lui qui nous fait, ce monde

Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Qui dormit dans les montagnes
Dans les plantes, il respira
Qui rêva avec les animaux
Et avec l'homme, s'éveilla
Et s'il m'avait jamais plu
De boire
J'aurais appris à le faire
Et alors Dieu, bois avec moi,
Trinque avec moi.

ET AINSI SOIT-IL

ET AINSI SOIT-IL




Version française – ET AINSI SOIT-IL – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – E così sia – Punkreas – 2008


Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.






Juste une question de logique à propos de cette curieuse affirmation :
« Comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

Et quelle est donc cette question logique ? , Marco Valdo M.I. mon ami.

Tout simplement ceci. Voilà, au prochain qui te dira ça, de ma part, tu demanderas :
« As-tu déjà vu ce Saint Thomas ? » et là, il ne pourra te répondre que « Non, évidemment ! Depuis le temps qu'il est mort... ». Tu continueras en faisant remarquer deux choses : que pour s'en tenir à sa règle, comment peut-il soutenir que le Saint Thomas en question a réellement existé et en corollaire, a donc pu mourir ? Puisque là aussi, il ne l'a jamais vu… Pour parer à toute objection, on admettra que ce Thomas (ainsi sanctifié) a bien pu exister, mais cela ne change rien au fait que l'interlocuteur ne l'a jamais vu...

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu le sais aussi bien que moi que la religion et la croyance (notamment, la croyance à l'existence de ce Saint-Thomas) n'ont aucun fondement logique. Ce sont là des bizarreries engendrées par je ne sais quel penchant à la folie de certains hommes. Et Pascal, lequel croyait par nécessité et habitude, disait – je reformule son propos, mais la teneur y est : « Mais quelle étrange folie que de n'être point fou ». Assez rigolé, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde thomiste, illogique, irrationnel, religieux et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

Lorsque je pense au catéchisme
Je n'ai en souvenir que des déceptions
On me parlait de curieux miracles
Et de béates apparitions

J'ai attendu avec patience de rencontrer le divin .
Mais il s'est passé trop temps,
Je ne suis plus un enfant.
Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.
Cependant, il me plairait beaucoup de transformer l'eau en vin
Et chaque religion
Lâche à tes trousses son représentant
En dépit de leurs mutuelles exécrations,
Elles se partagent un créateur tout-puissant

Qui enverra en Enfer
Celui qui dira pauvre Christ,
Excusez-moi si j'insiste,
On n'a jamais vu un seul dieu ici sur Terre.
Des réservations pour une place au Paradis ?
Ça ne m'intéresse pas. Non merci !
Car au fond, j'ai déjà décidé
Jamais, je ne me convertirai !
Ma réponse est non pour cette raison-là.
Désolé, mais je ne prie pas.
Ce n'est pas un dieu que je demande dans cette vie,
Mais de pécher en liberté
Au ciel comme sur Terre,
Telle est ma volonté.

Et ainsi soit-il


mardi 9 juin 2015

L'ÉVOLUTION

L'ÉVOLUTION

Version française – L'ÉVOLUTION – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – L’Evoluzione – Banco del Mutuo Soccorso – 1972


Texte : Francesco Di Giacomo e Vittorio Nocenzi -
Musique : Vittorio Nocenzi



Charles Robert Darwin vous salue bien


Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson intitulée L'évolution…


Quoi ? Que dis-tu ? Une chanson sur l'évolution ? Mais l'évolution de qui, de quoi ?


Une chanson sur l'évolution du monde, sur l'évolution des espèces. Une chanson en quelque sorte « scientifique », une chanson anthropologique, une chanson philosophique, une chanson pour tout dire : biologique. Il s'agit de cette évolution dont parlait un certain Charles Darwin, il y a déjà presque deux siècles. Présentée ainsi la chose peut paraître surprenante, mais si on parcourt les chansons contre la guerre, on trouvera de nombreuses chansons d'idées. Au passage, tu remarqueras que cette chanson n'est pas vraiment nouvelle, elle est datée de 1972. On pourrait penser que c'est là une chanson hors du monde, hors du temps. Mais elle ne l'est absolument pas et d'autant plus qu'elle est une chanson née en Italie, en plein milieu du Catholand, aux pieds des murs du Vatican. Aujourd'hui encore, elle est de la plus grande nécessité tant certains tentent, y compris par des coups de force et des assassinats d'imposer le créationnisme et ses dieux – pour ce qui est des religions du Livre, qui chacune n'ont qu'un seul dieu, mais comme elles sont nombreuses ces religions et sectes en tous genres, le nombre de dieux s'accroît d'autant et ni toi, ni moi, n'avons qualité pour arbitrer entre tous ces dieux lequel serait le bon, l'unique, le vrai ... En fait, la chose est simple : ce Dieu n'existe pas ; les autres non plus d'ailleurs.


Ainsi, si je suis bien ce que tu dis, Marco Valdo M.I. mon ami, il s'agit d'une chanson qui expose, promeut la théorie de l'évolution, celle-là même que combattent les religions du monde, celle-là qui met hors-jeu de façon définitive toutes les histoires créationnistes, telles qu'elles sont rapportées par les religions du Livre. Une chanson athée, en quelque sorte. Une chanson qui comme nous tisse le linceul de ce vieux monde religieux, crédule, déiste, oppresseur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Essaye de penser un peu différemment, essaye
Les grands dieux n'ont rien fabriqué
Mais le créé tout seul s'est créé
Énergie et chaleur, cellules et fibres

La terre roule dans un nuage
Gonfle au chaud, tend les membres.

Ah la mère est prête à accoucher

Déjà son giron s'est cabré
Elle veut un fils et bientôt, il sera né
Fils de terre et d'électricité.

Couches grises de corail et de lave,
Ciels sans couleurs, humides,
Voilà le monde respire.
Musc et lichens verts, éponges de terre
Pour le germe à venir se font serre.

La mer vomit des êtres informes
Poussés en désordre sur les plages putrides.
La terre accueille ces troupeaux troubles ;
En rampant, ils montent sur leurs semblables
Et le temps change leurs corps flasques
En formes utiles à leur survie.

Un soleil pauvre délaye le vert
Des jeunes fougères de chargées spores
Et des sons libres tournent en cercle,
Spirales acoustiques dans l'air.

Et moi, stupide, qui suis encore à croire
Celui qui me dit que la chair est poussière.

Et si dans le fossile d'un crâne atavique,
Je retrouve des formes qui me ressemblent,
Alors Adam ne peut avoir existé
Et sept jours sont trop peu pour tout créer.
Alors, dites-moi si ma genèse
Fut l’œuvre d'autres hommes ou de quadrumanes.

Adam est mort maintenant et ma genèse
N'est pas de mains d'hommes mais de quadrumanes.

Là-haut, un alcyon en arabesques
Sur les genêts et sur la mer crisse.
Maintenant, le soleil sait qui il réchauffe.