mardi 22 juillet 2014

LE SEIGNEUR DES AGNEAUX

LE SEIGNEUR DES AGNEAUX


Version française – LE SEIGNEUR DES AGNEAUX – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – Il signore degli agnelli – Riccardo Scocciante – 2006




Certaines fois, à Rome, sur une place énorme,
Paraît un homme à l'accent un peu étrange.
Des foules, des foules viennent et l'attendent ;
Il se montre et puis, psalmodie son message.



Lorsque Riccardo Scocciante, ou bien le dégoûtant personnage qui se cache derrière ce pseudonyme, m'a envoyé la chose qui suit, il m'a dit : « Écoute, tête de nœud, je sais que tu es en cheville avec un site de chansons contre la guerre. Voilà, tiens, j'ai écrit une chanson contre la guerre et même contre le pape, qui pour moi est cette espèce de zombie, dont certains affirment qu'il a fait partie de la SS, et qui me casse un peu les couilles. Veille à l'insérer, sinon cette nuit, je viens tuer ton chat. »
Je lui ai fait remarquer que je n'ai pas de chat, et que si j'en avais un, je lui scalperais les gencives au marteau-piqueur à ce tueur de chat, si seulement il touchait à un poil du minou ; mais puisque ce site accueille tout, mais vraiment tout (ou presque), je vous présente quand même sa « chanson » (dont je ne sais si elle a ou non une musique, mais la chose n'a pas beaucoup d'importance), espérant que soit la première et la dernière. Mais je ne nourris pas d'excessifs espoirs à ce sujet : il m'a dit d'en avoir prêtes d'autres. Que dire ? Je dois m'enlever cette dent, en espérant qu'il se calme et qu'il ne se manifeste pas au moins pour un temps. Mais je crains que nous en entendrons reparler. [RV]




Le Seigneur des Agneaux pour désigner Joseph Ratzinger... Pourquoi pas ? Mais par quel sacrement ? Le sacrement de l'agneau ou celui du buffle ? Ainsi pourrait-on poser la question, à la manière de l'écrivain allemand Heinrich Böll, assez catholique au demeurant, dit d'un ton quelque peu pensif Marco Valdo M.I..


Mais enfin que vient faire ici, Heinrich Böll ? Que vient faire ce – je te l'accorde – cet étonnant écrivain catholique allemand...


Mais enfin, la chose me paraît, à moi, évidente. Car ce pacifiste allemand, cet écrivain catholique et allemand aurait – s'il eût encore vécu, pu ratifier complètement la chanson de Riccardo Scocciante. Et sa manière de poser la question aurait été celle qu'il a posée dans son roman Billard und halb zehn – en français : « Les deux Sacrements », précisément les sacrement de l'agneau (on dirait ici celui qui institue les pauvres, les faibles, les opprimés...) et le sacrement du buffle (qui institue les riches, les puissants, les nazis...). En fait, il ne s'agit pas d'être du côté de l'agneau ou du buffle, il faut le vouloir, le désirer... Là passe la frontière. Pour résumer la chose, par ailleurs assez complexe : selon Böll, à un moment de sa vie (peut-être même dès la prime jeunesse), l'humain(e) bascule dans un camp ou dans l'autre, touché(e) par le sacrement du buffle ou de l'agneau. À première vue, ça a l'air un peu manichéen, je te l'accorde, sauf qu'il n'y a pas de prédestination. Il me semble que le sacrement résulte d'une volonté de l'être ; en somme, c'est une confirmation, une affirmation, également... Ceci dit, contrairement à ce que dit Venturi, la chanson de Scocciante est de première grandeur. Satyrique, certes, mais de bonne facture.


Ah, voilà qui va ravir Riccardo Scocciante, d'être ainsi conforté... Évidemment, pour ce qui est du Seigneur des Agneaux, on pourra toujours prétendre qu'il s'agit d'une chanson ancienne (2006) et qu'entretemps (mais quelles en sont au juste les raisons ?), l'ÉCAR (Église Catholique Apostolique et Romaine) a changé de pape et que si dérive il y a eu, le nouveau pape lave plus blanc que blanc (tout en étant issu de l'ordre noir ; sur son lit de mort, Montesquieu en confiant ses derniers manuscrits à son amie, disait ne pas faire confiance à la Société – en clair, aux Jésuites, qui les réclamaient et se proposaient de les éditer)... Mais tout cela, c'est ésotérisme et compagnie (de Jésus?). Quant à nous, qui ne sommes pas chrétiens (Noi, non siamo cristiani...) ni des branches, ni des racines..., reprenons notre tâche lente et longue qui consiste à tisser le suaire de ce monde croyant, crédule, criminel et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Certaines fois, à Rome, sur une place énorme,
Paraît un homme à l'accent un peu étrange.
Des foules, des foules viennent et l'attendent ;
Il se montre et puis, psalmodie son message.

Il parle bas, mais qu'importe,
Il y a là de puissants haut-parleurs.
Et dessous, à cent mille, ou plus encore,
Ils prient et implorent le Seigneur.

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.

Il dit « paix » en serrant les dents
Puis, défilent en lente procession
Ministres, roi, tyrans et présidents
Pour recevoir sa bénédiction.

On écoute, en un pieux silence, sa grande voix
C'est un expert, Lui, en deuils et en guerres
Car sous la bannière du Christ-Roi
On en a fait de plus rudes et de plus sévères

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.

La guerre est une folie, ce sont ses mots
Il parle tellement bien, ce dévot.
Ma tante me l'a dit, Dieu est avec Lui ;
Gott mit uns, qu'il dit.

Puis, dans ses appartements, il se retire,
S'assied sur ses papales fesses
Et à des sujets palpitants s'intéresse :
Peut-on baiser avant d'aller à messe ?

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.

Son autre occupation essentielle
Est : comment amasser plus d'argent ?
Pour Lui, pas question de bagatelle,
Il faut renflouer les comptes du Vatican.

Il a une banque magnifique et sûre
Qui gère de secrètes finances;
Mais Lui, il n'en a cure.
Pour le reste, l'Église veille.

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.

Régulièrement éclate un scandale
Une Éminence vend des indulgences aux croyants
Dans les bras d'une putain meurt un Cardinal
Un Évêque encule un bel enfant

Un Monseigneur est pris dans un foutoir,
L'Archidiacre est un exploiteur ,
L'Archevêque trafique l'argent noir,
Et le Nonce soutient le dictateur.

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.

Lui, radieux, se montre au balcon ;
Il paraît ; en bas, la foule de l'acclamer.
Et tous les jours, grâce à la télévision,
Le monde par Lui est illuminé.

Le monde, le monde explose, brûle et meurt
Les dieux ont soif : Charité ? Amour ? Bonheur ?
Les hommes meurtris sont toujours plus pieux.
Haine et sang sont le pain et le vin des dieux.

La guerre éclate ; Lui, il prie
Mais en son cœur, il s'en fout.
Le conflit éclate ; Lui, il prie
Le Seigneur pourvoira à tout.
La bombe éclate ; Lui, il prie,
Que Lui importe après tout.


dimanche 20 juillet 2014

VIVRE SANS DIEU



VIVRE SANS DIEU


UAAR - Pour quatre italiens sur dix, on peut vivre bien aussi sans Dieu
              (extr. de "La Page des Blogs" de "MicroMega") 23 juin 2014
http://blog-micromega.blogautore.espresso.repubblica.it/2014/06/23/uaar-per-quattro-italiani-su-dieci-si-puo-vivere-bene-anche-senza-dio/
http://asinonuovo.blogspot.be/2014/07/v-ivresans-dieu-uaar-pour-quatre.html


Un des amis d'Albi (Action laïque Belgo-italienne) a eu la bonne idée de traduire le blog-édito de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes, publié dans la revue Micro-Mega.
L'Asino nuovo relaie ces éditos laïques en provenance d'Italie, traduits par Pierre Steenhout.




Vieille femme et jeune homme Murillo 1650

Qu'ont en commun un jeune piémontais et une femme mûre de Campanie ? En fait de foi, pratiquement rien : ce sont les extrêmes de notre pays, l'un est très laïque, l'autre est résolument pratiquante.

Ce sont là les "deux Italies" qui émergent de l'enquête d'opinion sur les thèmes de la religiosité et de l'athéisme, que l'Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes (UAAR) a commandée à la "Doxa".

Le but de l'enquête était de déterminer, avec la plus grande précision, la position religieuse des Italiens, et, pour cela, on a pensé ajouter une catégorie spécifique, celle des "croyants sans référence religieuse", dont la dimension s'est avérée d'une importance considérable, réduisant, par conséquent, le poids des catholiques et des non-croyants.

Celle qui se profile, est une Italie qui se déclare catholique sur le papier (à 75%), bien que 22%, seulement, des catholiques se déclarent résolument pratiquants.

Une Italie dans laquelle 62% des citoyens considèrent que les dogmes et les préceptes de l'Église conditionnent beaucoup la vie.

Une Italie laïque dans laquelle plus de la moitié des citoyens (54%) estiment injuste que les professeurs de religion catholique dans les écoles publiques soient choisis par les évêques (sans devoir passer par des concours publics), mais payés par l' État.

Une Italie qui, toutefois, reste attachée à la religion, en tant qu'élément de la tradition, vu que 61% des non-catholiques ont fait baptiser ou ont l'intention de faire baptiser leurs enfants.

Les potentialités d'une association comme l'UAAR sont considérables, si nous pensons que 56%, au moins, des non-catholiques sont favorables au fait d'être représentés par une organisation d' athées et d'agnostiques, qui se bat pour la laïcité de l'État (la majorité des approbations - 70% - s'enregistre parmi les croyants non-catholiques). La manière d'appréhender la réalité avec les critères de l'UAAR est donc plus répandue que ne l'est la notoriété de l'association, connue, au moins de nom, par 7% des Italiens.

"La particularité du sondage, contrairement aux sondages canoniques - explique le secrétaire de l'UAAR, Raffaele Carcano, - met en lumière une société complexe, un pluralisme toujours plus marqué, dicté par 20% de la population (10% d' athées et d'agnostiques + 10% de croyants sans aucune référence religieuse) qui pensent par eux-mêmes".

L'enquête révèle une attitude positive des croyants envers les non-croyants : 7 catholiques sur 10 feraient confiance à un médecin de famille ou à un conseiller financier athée.

Seuls 5% de la population (c'est très peu !) ont des positions antiathées.

Il en émerge un Pays pluriel, complexe et en évolution, dans lequel les citoyens se révèlent plus laïques que leurs représentants : qu'il suffise de penser que seuls 27% des catholiques seraient opposés à un Président de la République athée, et que 36% des catholiques estiment, en outre, qu'on peut très bien vivre aussi sans Dieu.

Qui sait si jamais, donc, un jour, un jeune homme du Nord et la dame âgée du Sud, ne pourraient pas se rencontrer dans un bar de la capitale et repenser une Italie qui soit laïque, vraiment.


UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes

( 23 juin 2014 )
N° 3

LES PROFESSEURS DE RELIGION AUX ORDRES...


LES PROFESSEURS DE RELIGION AUX 

ORDRES...


UAAR - "Strasbourg confirme : les professeurs de religion sont aux ordres des évêques"
              (extr. de "La Page des Blogs" de "MicroMega") 19 juin 2014
http://blog-micromega.blogautore.espresso.repubblica.it/2014/06/19/uaar-strasburgo-conferma-i-docenti-di-religione-sono-agli-ordini-dei-vescovi/
http://asinonuovo.blogspot.be/2014/07/les-professeurs-de-religion-aux-ordres.html

Un des amis d'Albi (Action laïque Belgo-italienne) a eu la bonne idée de traduire le blog-édito de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes, publié dans la revue Micro-Mega.
L'Asino nuovo relaie ces éditos laïques en provenance d'Italie, traduits par Pierre Steenhout.


Ils sont payés par l'État



Ils sont payés par l'État. On s'attendrait, pourtant, à ce que l'État ait "voix au chapitre" en matière d' engagement et de licenciement des professeurs de religion catholique, mais ce n'est pas le cas : les décisions reviennent exclusivement aux évêques, et l'État ne doit pas y fourrer son nez. C'est la situation en Espagne, et, par suite d'une décision contraignante de la "Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l' Homme", cela vaut aussi pour l'Italie, où survit une discipline analogue. L'arrêt a sanctionné le fait que l'autonomie de l'Église est prioritaire, non seulement par rapport à l'État "payeur", mais aussi par rapport aux opinions de l'individu, confirmant ainsi que l' heure de religion est un espace confessionnel dans lequel l'enseignement doit être formellement conforme à la doctrine catholique. La disposition est prise, elle est passée de justesse : le vote du juge italien, Guido Raimondi, qui avait déjà voté en faveur de la présence du crucifix dans les salles de classe, fut décisif, à l' occasion du recours présenté par Soile Lautsi, membre de l' UAAR.

Les faits.


En 1991, Antonio Fernandez Martinez était, déjà, en pratique, un ex-prêtre : il s' était marié civilement, et avait eu des enfants. Il fut, toutefois, appelé à remplir la charge de professeur de religion. En 1997, parut, dans un journal espagnol,  un article, accompagné de sa photo, de soutien au Meceop (Mouvement pour le célibat optionnel), dans lequel les positions de l' Église catholique, sur la famille et la sexualité, étaient critiquées. L'Église réagit en lui accordant la dispense du célibat (demandée, déjà, trente ans auparavant), la motivant, Code du Droit canon à la main, par le "scandale" provoqué. Surtout, elle demanda et obtint, du ministère de l'Éducation, sa révocation de l' enseignement. Fernandez Martinez présenta un recours. Vaincu dans les salles de classes espagnoles, il s'adressa à Strasbourg, qui, en 2012, rejeta son recours par six voix contre une. À présent, la Cour le confirme, définitivement. La Décision soutient qu'il n' est pas déraisonnable que l' Église attende une fidélité particulière des professeurs de religion, étant donné que ceux-ci peuvent être considérés comme ses représentants. Parce que chaque divergence d'opinions entre la doctrine et celui qui l'enseigne peut lui causer "un problème de crédibilité". Par conséquent, soutient la Cour, la liberté, de l'Église, de pouvoir choisir des représentants en qui elle a confiance, doit être préservée, et elle est, du reste, reconnue par l' accord entre l'État espagnol et le Saint-Siège, passé en 1979.

Les huit juges contraires ont diffusé un avis de minorité, qui met en évidence comment un État  ne peut pas ne pas tenir les engagements souscrits avec la Convention européenne sur les Droits de l' Homme, à cause d'obligations contractées avec des réalités non étatiques... Telle est, en effet, la situation du Ministère espagnol : il peut choisir les professeurs de religion seulement parmi ceux qui ont été sélectionnés par l'autorité ecclésiastique. L'autonomie des communautés religieuses ne doit pas, en somme, être considérée comme absolue, et telle qu'elle puisse interférer dans la vie privée et familiale des personnes ; à plus forte raison,  s'il s' agit de professeurs au service du Ministère et liés par contrat avec lui. Le Ministère n'a pas non plus pris en compte la possibilité que Fernandez Martinez, aujourd'hui âgé de 77 ans, puisse continuer à travailler pour le système éducatif de l'État.

On prétend que, en Italie, cela aurait pu se faire : la loi 186/2003, en effet, établit, non seulement les modalités de titularisation des professeurs de religion, mais aussi leur passage vers une autre charge, s'ils n'obtiennent plus l'agrément de l'évêque. Une arme à double tranchant dans la main de la Cei (Conférence épiscopale italienne) : la loi lui permet d'éviter des recours légaux, et, dans le même temps, d'introduire ses propres cadres dans l'école italienne. Une contradiction évidente, mais certainement pas l'unique, si l'on pense que même la Décision de la Cour Constitutionnelle, qui, en 1989, reconnaissait la laïcité comme principe constitutionnel suprême, établissant qu'il n'existe aucune obligation de fréquenter ni l' heure de religion, ni l'heure alternative, a sanctionné la compatibilité avec un État laïque, de l'enseignement - payé sur fonds publics - d'une (seule) confession religieuse.

La Cour de Strasbourg, comme c'était déjà le cas pour le crucifix, a donc choisi de reconnaître, aux États membres, une marge d'appréciation : ils sont, en pratique, libres de violer la Convention sur les Droits de l'Homme, au nom de leur propre autonomie d'organisation. Comme pour le crucifix, les raisons fournies ne sont, certes pas, spirituelles ; un État, qui déciderait d' enseigner le satanisme, jouirait des mêmes prérogatives. Mais c'est une bien maigre satisfaction : l'imposition, par la voie politique, de sa propre doctrine, confirme "la grand-route" choisie par l' Église catholique. C'est même la seule efficace, semblerait-il.


À la lumière d'une telle décision, toutefois, il serait opportun de commencer à s'abstenir de magnifier l’œcuménisme et l'ouverture de l'heure de religion. Ce que font, aussi et surtout, les évêques, quand il s' agit de recueillir des inscriptions ; quand il s'agit d'instruire les enseignants, pourtant, ceux-ci ne peuvent, et ne doivent pas, franchir les "Colonnes d' Hercule" de la doctrine et de l'obéissance aux autorités (et seulement aux autorités ecclésiastiques, évidemment). Personne ne met en doute la liberté, des convictions religieuses, de faire le silence sur les désaccords, quand est garantie une possibilité effective de ne plus en faire partie, mais pas quand cette liberté est exercée dans les écoles de l'État, et aux frais de l'État.

C'est une attitude diamétralement opposée à ce que devrait être l'enseignement. S'il est juste que soient fournies, aux étudiants, des notions adéquates sur les religions (mais aussi sur l'athéisme), s'il y a déjà pas mal de doutes que, pour faire cela, il faille un cours spécialement conçu, s'il n'est, en rien, laïque et démocratique, qu'un tel cours soit réservé au seul enseignement de la variante catholique du christianisme, il l'est, si c'est possible, encore moins, que les professeurs soient choisis par ceux qui sont l'objet de leur étude. Que diraient, les catholiques, si le choix de ceux qui doivent enseigner le nazisme était réservé à un représentant d' "Aube Dorée" ? L'enseignement doit être laïque et scientifique; l'heure de religion catholique ne l'est pas. L'admettre serait, au moins, honnête, de la part de ceux qui, souvent, revendiquent la possession de la Vérité.


Raffaele Carcano, secrétaire de l' UAAR - Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes

(19 juin 2014)

samedi 19 juillet 2014

LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE 14 juillet 2014


LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE

14 juillet 2014

DERNIÈRES NOUVELLES DU CATHOLAND


LE VAINQUEUR : La Commune de Bologne



Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (14 juillet 2014) - http://asinonuovo.blogspot.com/2014/07/la-catholicade-de-la-semaine-14-juillet.html
Texte italien : http://www.uaar.it/news/2014/07/14/clericalata-della-settimana-28-comune-bologna/


Précepte

Italiens, encore un effort pour devenir laïques !



Juste une petite note de terminologie pour expliquer le choix du mot « catholicade », comme traduction du mot italien de « clericalata ». À première vue, puisque le mot n'existe pas en langue française, il eût été plus judicieux de créer un néologisme à partir de la racine utilisée en italien, ce qui aurait donné : « cléricalade » et en effet, c'eût pu être très bien. Mais... c'eût aussi passer à côté de « la spécificité » italienne, à savoir que le pays et la population italienne sont depuis l'époque mussolinienne, dans un étrange mariage de l'Église et de l'État, mis sous l'empire catholique.
Dès lors, sauf à vouloir noyer le poisson et mettre sous le boisseau cette véritable captation, il nous est apparu que le mot « catholicade » rendrait mieux compte de la réalité de ces petits (et grands) faits.

Jusqu'à présent, le traducteur lisait avec le sourire ces catholicades recensées par les amis de l'UAAR, mais chemin de croix faisant, il s'est aperçu qu'elles décrivaient particulièrement bien une certaine ambiance, caractéristique des pays en proie à une « théocratite » et singulièrement, l'Italie, victime de la forme particulière de cette endémie qu'est la catholite. En fait, l'Italie souffre de « catholite aiguë ».

On publiera donc des catholicades au gré de nos disponibilités de temps. Mais revenons à la rubrique de l'UAAR.


Chaque semaine nous publions un petit dossier consacré à l'affirmation ou à l'acte le plus clérical de la semaine accompli par des représentants d'institutions ou de fonctions publiques. La rédaction est consciente que la tâche de trouver la catholicade qui mérite le prix est une entreprise ardue, vu le grand nombre de candidats, mais elle s'engage à fournir même dans ce cas un service à la hauteur des attentes de ses lecteurs. Au contraire, elle remercie en avance ceux qui signaleront d'éventuelles « perles ».





PREMIER PRIX DE LA SEMAINE :



LA CATHOLICADE DE LA SEMAINE EST CELLE

DE LA COMMUNE DE BOLOGNE





Le Maire et l'évêque

Qui n'a pas tenu compte du résultat du référendum de l'an passé (qui avait vu triompher un groupe de citoyens qui exigeait que l'argent public aille aux écoles publiques contre l'establishment local – maire PD y compris) et a encore augmenté les fonds alloués aux écoles privées – catholiques, c'est-à-dire principalement à la Curie de Bologne. Augmenter les fonds aux écoles catholiques ? Ça va de soi en Catholand.

Et si ce n'était que ça... Mais...
Entretemps le principal initiateur des écoles privées, la Curie de Bologne, est devenue actionnaire majoritaire d'une multinationale de 1.7 milliards d'Euros. Voyez un peu à quelle institution misérable ces fonds, qui sont ceux qui doivent être alloués à l'enseignement public, sont dévolus.
Ces établissements scolaires se trouvent évidemment sous la houlette de la « Curie » ; la chose vaut d'être précisée, car :

Extrait de presse :

LA CURIE (BOLOGNE) S'EMPARE D'UNE MULTINATIONALE

D'1,7 MILLIARD D'EUROS


Il y a deux ans l'entrepreneur Manini établit un testament en faveur de l'Église, nommée héritier universel. Et conflit avec les parents, auxquels maintenant iront 60 millions d'euros. Après une longue bataille légale, on conclut ainsi le « Dinasty » bolognais.

de LORENZA PLEUTERI


BOLOGNE - Un riche entrepreneur qui meurt prématurément et laisse une fortune à la Curie, en déshéritant les parents. Un testament olographe confié aux bons soins d'un dentiste, et à trois autres moins insolites. Une bataille judiciaire chauffée à blanc. Des avocats de haut vol, des affairistes, des médiateurs plus qu'intéressés. Des intrusions nocturnes dans les bureaux des avocats et des pressions à la limite du pénal. Des comptes à l'étranger, l'ombre de l'Ior (Institut des Œuvres religieuses). Une cousine qui revendique d'être en réalité une sœur et enclenche la procédure pour une reconnaissance posthume de paternité.

Il aurait fallu l'imagination d'un romancier pour écrire cette histoire, une sorte de Dinasty à Bologne et un feuilleton riche de coups de théâtre, parvenue au dernier chapitre. La saga du Faac et de l'héritage disputé de Michelangelo Manini, patron d'une usine de grilles automatisées de Zola Predosa, prête à se conclure après deux ans et quelque le partage, en accord de tous les plaideurs ou presque. Sept membres de la famille de l'entrepreneur et de la Curie bolognaise, par lui nommée héritier universel, dans la nuit ont conclu et ont souscrit à l'accord qui met le point final à l'affaire. Les parents recevront donnent d'Altabella une donation de 60 millions et en échange cesseront les hostilités judiciaires, en s'engageant à ne pas rouvrir le front dans futur.
Dès lundi, les papiers seront présentés au Tribunal civil. Ensuite, sauf des inattendus imprévus ou des ultérieurs coups de théâtre, la voie sera maintenant entièrement libre. Dans le coffre-fort de Faac et de l'actionnaire majoritaire, la Curie (Bologne), rentreront les parts séquestrées par le juge civil pendant la cause et confiées à un gardien. Il n'est pas question de cacahuètes. Le patrimoine de l'entreprise, en partie dans les mains d'associés français, à la mort de Manini fut évalué 1,7 milliard. Et dans la balance il y avait, et il y a, les destins de centaines de travailleurs.



En somme, la Commune de Bologne ne fait qu'appliquer l'adage : « On ne prête qu'aux riches ». Il paraît que c'est plus sûr... Pas sûr !



Mentions spéciales :


LE PRÉSIDENT DE LA PROVINCE DE VERONA GIOVANNI MIOZZI (FORZA ITALIA), QUI :

veut écrire aux dirigeants scolaires en vue de fournir , s'ils servent, des crucifix aux écoles. Évidemment aux frais de la Province.

Extrait de presse :
LE MORCEAU D'ANTHOLOGIE DU PRÉSIDENT

« J'ai appris avec plaisir la décision du maire de Padoue Massimo Bitonci de rendre les crucifix obligatoires dans les édifices publics de sa Commune, comme symbole de nos traditions. Cela me fait plaisir parce que même moi, comme maire d'Isola della Scala, j'avais édicté le même acte il y a quelque temps et je l’avais fait avec conviction. De la même manière, en 2009, parmi les premiers actes de ma Commission, il y a eu la distribution aux lycées véronais de crucifix qui avaient été acquis précédemment. Aujourd'hui, la position de Bitonci m'a fait repenser à l'événement et j'ai décidé que j'écrirai une nouvelle lettre aux dirigeants scolaires en demandant si avec l'augmentation des classes de ces dernières années, ils ont d'autres nécessités. Auquel cas, la Province est en mesure de fournir d'autres crucifix et j'irai personnellement les livrer. Un geste symbolique qui je le souhaite sera interprété de la juste manière : les salles scolaires sont les lieux dans lesquels nos enfants passent beaucoup de leur temps et où ils se forment comme citoyens italiens, 


Giovanni Miozzi
Président de la Province de Vérone »




Comme on le voit, le Président Miozzi n'y va pas par quatre chemins. Le crucifix pour tous et partout. Un crucifix public, un objet salvateur pour la jeunesse qui aura tout intérêt à bien se l'enfoncer... Sinon, gare! Car, le Président le dit explicitement, il faut qu'il serve cet instrument... À quoi ? Le Président ne le dit pas vraiment... Sans doute à enfoncer les valeurs chrétiennes dans les têtes et tels les fers rouges dont on marque le troupeau, à marquer à vie les populations. Bref, si l'on plante les choux entre les cailloux avec les genoux, on plante les racines chrétiennes dans l'âme et le cerveau des gens à coups de crucifix. Et si le peuple n'est pas d'accord, on l'excommunie, on le vilipende, on le contraint.

Évidemment, entre Miozzi et Bitonci, c'est « je te passe le beurre et tu me passes le fromage », on se tient les coudes, on se soutient mutuellement. Quoi de plus normal en Catholand que développer une offensive concertée afin d'imposer les instruments de l'évangélisation des populations et de mise au pas du troupeau. Les bergers sont en petit nombre et les moutons sont un peuple considérable. Et pensez-vous et même, c'est le cas de le dire, croiriez-vous un instant qu'ils agissent d'initiative, ou alors, par l'opération du Saint-Esprit. Qui donc leur inspire de si belles pensées ? Et si bien enrobées de miel ecclésial ? Quel est donc l'ordre qui manie si bien le bâton sous la soutane ? En clair : qui est derrière cette offensive cléricale tous azimuts ? On distribue des croix, des croix sacrées, on va en (re)mettre partout... On a déjà connu ça... « Ma, noï, non siamo cristiani », disaient les paysans de Lucanie... Ils savaient pourquoi.


L'EUROPARLEMENTAIRE, MEMBRE DE LA LIGUE (DU NORD), GIANLUCA BUONANNO, EN QUALITÉ DE MAIRE DE BORGOSESIA, QUI :
Après avoir voté couvert d'une burqa pour « défendre les racines chrétiennes », a manifesté son intention d'édicter une ordonnance pour verbaliser les baisers homosexuels en public et il a affiche dans ses bureaux le crucifix avec la photo de Poutine.

Puisque le dénommé Buonanno aime les baisers  homosexuels et qu'il n'a pas précisé s'il s'agit de baisers en messieurs ou entre dames, nous lui offrons une série complète.




LE PRÉSIDENT DES SÉNATEURS NCD (Nouveau Centre Droit) MAURIZIO SACCONI, QUI :
Face aux critiques formulées par le Chef de l'État au Parlement en raison de son silence sur les thèmes bioéthiques, a commenté : «J'espère que vous ne voulez pas le déchirement de la nation ».

Extrait de presse :

dans une note remise à la presse, Maurizio Sacconi, président des sénateurs du Nuovo Centrodestra (NCD) déclare :. 
« J'espère que les expressions attribuées au président Napolitano à l'occasion de la rencontre avec le Comité national de bioéthique ne sont pas une sollicitation au Parlement pour qu'on délibère sur les thèmes éthiques sensibles en créant des divisions dans la nation à partir des principes-mêmes sur lesquels elle a été fondée avant même la naissance de l'État unitaire et que la Charte constitutionnelle a ensuite repris. Le Parlement n'est pas resté inerte parce que la discussion sur ces thèmes a aidé une écoute réciproque et a permis d'éviter jusqu'à présent des solutions idéologiques. De l'homophobie aux unions civiles, à la fécondation artificielle, à la tutelle de la vie dans les conditions de plus grande fragilité, une chose est la solution de problèmes pratiques inhérents la défense de la dignité humaine ; une autre est leur instrumentation pour construire une anthropologie d'État opposée à la naturelle. Le Nouveau Centre droit sera toujours indisponible pour négocier des principes que des croyants et des incroyants devraient reconnaître parce qu'ils appartiennent à l'expérience forgée au travers des siècles notre peuple ».




LE MOUVEMENT CINQUE STELLE  (5 étoiles) QUI :
en appelle au pape pour soutenir le combat contre l'extension des ouvertures de magasins aux dimanches et jours de fête.



On pourrait suggérer également que l'on ferme les petits commerces et les supermarchés ecclésiastiques également les dimanches et jours de fête. On espère être entendu en hauts lieux et que cesse bientôt en Europe cette concurrence déloyale des Églises, qui ont en plus le privilège (et le culot) de se faire financer par les argents de toute la population. Ce qui est, somme toute, un détournement de fonds publics.