mardi 16 juin 2015

ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU

ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU



Version française – ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne - Qui Dio non c’è - Claudio Baglioni – 1990


Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu




Brumeuses fourmilières de maisons
Puanteur brûlée en ville
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Boue de rues furonculeuses
Christs et Maries sans piété
Âmes baveuses dispersées
Humanité saoule des bars
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Nuit de bras piqués
Rues de crack désespéré
Pages de livre
Une douloureuse mécanique à tourner
Sans avoir tout pigé
Sans rien se rappeler
Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu

Viados aux voix fausses
Lumières menteuses de réclame
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Visages pluvieux des murales
Raclement de lame sous le tram

J'ai vécu des jours opaques
Comme les poivrots emploient
Pour se tenir les réverbères
Pas pour leur lumière.
Fin des retransmissions
Et j'allais au lit
Avec un linge humide sur la poitrine
De tristesse en moi

Ainsi va le monde
On ne le fait pas le monde
C'est lui qui nous fait, le monde
Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Et je voulais seulement un signe
Mais le ciel est comme un vieux fou
Avec un assistant serpent
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Payer le prix continuellement
Se sentir toujours un hôte
À voler le feu
On s'y brûle les vies
Mais un peu d'air pour vivre
On respire même des blessures
Doucement j'entrais dans la pièce
Au grain à sécher
Et je roulais dedans
La tête en bas
Ainsi va le monde
On ne le fait pas ce monde
C'est lui qui nous fait, ce monde

Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Qui dormit dans les montagnes
Dans les plantes, il respira
Qui rêva avec les animaux
Et avec l'homme, s'éveilla
Et s'il m'avait jamais plu
De boire
J'aurais appris à le faire
Et alors Dieu, bois avec moi,
Trinque avec moi.

ET AINSI SOIT-IL

ET AINSI SOIT-IL




Version française – ET AINSI SOIT-IL – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – E così sia – Punkreas – 2008


Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.






Juste une question de logique à propos de cette curieuse affirmation :
« Comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

Et quelle est donc cette question logique ? , Marco Valdo M.I. mon ami.

Tout simplement ceci. Voilà, au prochain qui te dira ça, de ma part, tu demanderas :
« As-tu déjà vu ce Saint Thomas ? » et là, il ne pourra te répondre que « Non, évidemment ! Depuis le temps qu'il est mort... ». Tu continueras en faisant remarquer deux choses : que pour s'en tenir à sa règle, comment peut-il soutenir que le Saint Thomas en question a réellement existé et en corollaire, a donc pu mourir ? Puisque là aussi, il ne l'a jamais vu… Pour parer à toute objection, on admettra que ce Thomas (ainsi sanctifié) a bien pu exister, mais cela ne change rien au fait que l'interlocuteur ne l'a jamais vu...

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu le sais aussi bien que moi que la religion et la croyance (notamment, la croyance à l'existence de ce Saint-Thomas) n'ont aucun fondement logique. Ce sont là des bizarreries engendrées par je ne sais quel penchant à la folie de certains hommes. Et Pascal, lequel croyait par nécessité et habitude, disait – je reformule son propos, mais la teneur y est : « Mais quelle étrange folie que de n'être point fou ». Assez rigolé, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde thomiste, illogique, irrationnel, religieux et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

Lorsque je pense au catéchisme
Je n'ai en souvenir que des déceptions
On me parlait de curieux miracles
Et de béates apparitions

J'ai attendu avec patience de rencontrer le divin .
Mais il s'est passé trop temps,
Je ne suis plus un enfant.
Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.
Cependant, il me plairait beaucoup de transformer l'eau en vin
Et chaque religion
Lâche à tes trousses son représentant
En dépit de leurs mutuelles exécrations,
Elles se partagent un créateur tout-puissant

Qui enverra en Enfer
Celui qui dira pauvre Christ,
Excusez-moi si j'insiste,
On n'a jamais vu un seul dieu ici sur Terre.
Des réservations pour une place au Paradis ?
Ça ne m'intéresse pas. Non merci !
Car au fond, j'ai déjà décidé
Jamais, je ne me convertirai !
Ma réponse est non pour cette raison-là.
Désolé, mais je ne prie pas.
Ce n'est pas un dieu que je demande dans cette vie,
Mais de pécher en liberté
Au ciel comme sur Terre,
Telle est ma volonté.

Et ainsi soit-il


mardi 9 juin 2015

L'ÉVOLUTION

L'ÉVOLUTION

Version française – L'ÉVOLUTION – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – L’Evoluzione – Banco del Mutuo Soccorso – 1972


Texte : Francesco Di Giacomo e Vittorio Nocenzi -
Musique : Vittorio Nocenzi



Charles Robert Darwin vous salue bien


Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson intitulée L'évolution…


Quoi ? Que dis-tu ? Une chanson sur l'évolution ? Mais l'évolution de qui, de quoi ?


Une chanson sur l'évolution du monde, sur l'évolution des espèces. Une chanson en quelque sorte « scientifique », une chanson anthropologique, une chanson philosophique, une chanson pour tout dire : biologique. Il s'agit de cette évolution dont parlait un certain Charles Darwin, il y a déjà presque deux siècles. Présentée ainsi la chose peut paraître surprenante, mais si on parcourt les chansons contre la guerre, on trouvera de nombreuses chansons d'idées. Au passage, tu remarqueras que cette chanson n'est pas vraiment nouvelle, elle est datée de 1972. On pourrait penser que c'est là une chanson hors du monde, hors du temps. Mais elle ne l'est absolument pas et d'autant plus qu'elle est une chanson née en Italie, en plein milieu du Catholand, aux pieds des murs du Vatican. Aujourd'hui encore, elle est de la plus grande nécessité tant certains tentent, y compris par des coups de force et des assassinats d'imposer le créationnisme et ses dieux – pour ce qui est des religions du Livre, qui chacune n'ont qu'un seul dieu, mais comme elles sont nombreuses ces religions et sectes en tous genres, le nombre de dieux s'accroît d'autant et ni toi, ni moi, n'avons qualité pour arbitrer entre tous ces dieux lequel serait le bon, l'unique, le vrai ... En fait, la chose est simple : ce Dieu n'existe pas ; les autres non plus d'ailleurs.


Ainsi, si je suis bien ce que tu dis, Marco Valdo M.I. mon ami, il s'agit d'une chanson qui expose, promeut la théorie de l'évolution, celle-là même que combattent les religions du monde, celle-là qui met hors-jeu de façon définitive toutes les histoires créationnistes, telles qu'elles sont rapportées par les religions du Livre. Une chanson athée, en quelque sorte. Une chanson qui comme nous tisse le linceul de ce vieux monde religieux, crédule, déiste, oppresseur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Essaye de penser un peu différemment, essaye
Les grands dieux n'ont rien fabriqué
Mais le créé tout seul s'est créé
Énergie et chaleur, cellules et fibres

La terre roule dans un nuage
Gonfle au chaud, tend les membres.

Ah la mère est prête à accoucher

Déjà son giron s'est cabré
Elle veut un fils et bientôt, il sera né
Fils de terre et d'électricité.

Couches grises de corail et de lave,
Ciels sans couleurs, humides,
Voilà le monde respire.
Musc et lichens verts, éponges de terre
Pour le germe à venir se font serre.

La mer vomit des êtres informes
Poussés en désordre sur les plages putrides.
La terre accueille ces troupeaux troubles ;
En rampant, ils montent sur leurs semblables
Et le temps change leurs corps flasques
En formes utiles à leur survie.

Un soleil pauvre délaye le vert
Des jeunes fougères de chargées spores
Et des sons libres tournent en cercle,
Spirales acoustiques dans l'air.

Et moi, stupide, qui suis encore à croire
Celui qui me dit que la chair est poussière.

Et si dans le fossile d'un crâne atavique,
Je retrouve des formes qui me ressemblent,
Alors Adam ne peut avoir existé
Et sept jours sont trop peu pour tout créer.
Alors, dites-moi si ma genèse
Fut l’œuvre d'autres hommes ou de quadrumanes.

Adam est mort maintenant et ma genèse
N'est pas de mains d'hommes mais de quadrumanes.

Là-haut, un alcyon en arabesques
Sur les genêts et sur la mer crisse.
Maintenant, le soleil sait qui il réchauffe.




jeudi 21 mai 2015

RENAÎTRE ATHÉE

RENAÎTRE ATHÉE


Version française de Born again atheists , un article de Raffaele Carcano, secrétaire général de l'UAAR.


L'article de Raffaele Carcano indique à terme la poursuite de la croissance du nombre de mécréants dans le monde.
Par ailleurs, cette tendance est semblable aux États-Unis où – déjà à présent – le nombre de mécréants est passé en quelques années de 36 à 55 millions entre 2007 et 2014. La progression est surtout marquée chez les générations les plus récentes – celles nées après 1980. Grosso modo, les mécréants sont passés en un demi-siècle de 11 à 36 % de la population – tous groupes confondus (blancs, noirs, latinos...).



Le Pew Research Center a fait une étude afin de prévoir le futur des religions dans le monde. L'avenir sera rose pour l'islamisme, disent les chercheurs : en 35 ans, il passera de 23% à 30% de la population de la planète ; et en 2070, il dépassera le christianisme. L'horizon de ce dernier est donné pour stable, comme pour l'hindouisme. Mauvaises nouvelles par contre pour « sans religion », qui descendraient de 16% à 13%. Il n'y a cependant pas de quoi désespérer. Au contraire.
Selon cette étude, la croissance du nombre des musulmans ne serait pas due aux conversions. Du reste, disons le : l'islamisme, maintenant, n'est pas une foi qui possède un grand pouvoir d'attraction. Les autres religions ne vont pas très bien aussi. Les conversions, d'après l'étude, sont un phénomène statistiquement insignifiant. Le phénomène est bien connu : on fait presque toujours partie d'une certaine religion car on naît dans une famille qui fait partie de cette religion, en y restant car elle est conformiste, traditionnelle et trouve avantage à y rester. Et même celui qui ne croit pas aux relatives doctrines tend à participer aux rites, aux événements, aux pèlerinages tant que la mort ne le sépare pas de son appartenance. La religion est un réseau social autoreproductif.
La forte croissance potentielle de l'islamisme serait due exclusivement à un motif : les taux de natalité plus élevés de ses fidèles. La population humaine est encore en forte croissance (de 7 à 9 milliards), mais cette croissance se concentrera en deux lieux : l'Afrique et le Moyen Orient. Avec l'exception des émirats, il s'agit de régions pauvres, que les gens fuient. Soit à cause des guerres en cours, soit en raison de l'absence d'opportunités offertes in loco, une situation amplifiée précisément par le natalisme. Deux phénomènes, les guerres et le natalisme, dans lesquels la religion est lourdement impliquée. Mais peu nombreux sont ceux qui ont envie de l'écrire.

Projected Cumulative Change Due to Religious Switching, 2010-2050
En Afrique et au Moyen Orient, pour l'instant, le nombre d'athées et d'agnostiques est très bas, le plus bas du monde. Comme cela ne suffisait pas, les athées et les agnostiques ont — partout — peu d'enfants. Il est facile de comprendre que les prévisions sur leur nombre soient médiocres, bien que leur nombre actuel soit comparable, aujourd'hui déjà, à celui des catholiques. Autre fait que – comme c'est étrange – on passe sous silence presque partout. Spécialement en Italie.
Pourtant, la même étude montre quel est l'antidote à une baisse prévisible. Récemment, nous est arrivée la nouvelle qu'en Norvège, le nombre des athées a rejoint celui des croyants. Et même au Royaume-Uni, les sans religion sont maintenant 42%. Comment cela est-il possible, si même dans ces pays, ils ont moins d'enfants que les croyants ? C'est simple : toujours plus d'enfants des croyants abandonnent la foi. Si les conversions ne sont pas un phénomène considérable, les apostasies le sont et comment ! Selon le Pew Center, 88% des transferts religieux prévus se feront en direction de la mécréance.
Un tsunami de conversions à la mécréance. Le groupe qui a le moins de chances de croissance est même l'unique à être crédité d'énormes potentialités d'augmenter sa propre dimension ; de plus, en conséquence de choix authentiques. Pour que cela se réalise, il suffit d'étendre la diffusion des prérequis (instruction, liberté d'expression, bien-être et sécurité existentielle) qui portent à abandonner la foi. Ce sont aussi des phénomènes qui, en même temps, réduisent aussi le natalisme.
Il y a devant nous une véritable armée de déserteurs de la religion. Contrairement aux conversions religieuses, on n'en parle pas dans les mass-media. C'est juste ainsi, de quelque façon : c'est l'événement improbable, l'homme qui mord le chien pour éveiller de l'attention. Les journalistes savent bien comment sont les choses. Mais, s'ils le savent, qu'ils le fassent savoir ouvertement. C'est leur tâche, non ?


Raffaele Carcano

(24 avril 2015)